Témoignage : la pratique du Shiatsu en tant que kinésithérapeute
12 juillet 2024 - Techniques et outils
Aujourd’hui, on plonge dans l’univers du Dry Needling, aussi appelé puncture kinésithérapique par aiguille sèche. Cette technique peut compléter la prise en charge de certaines douleurs musculaires, notamment lorsqu’elles sont liées à des points trigger myofasciaux, à des tensions persistantes ou à des limitations de mobilité. Pour vous proposer une approche concrète, nous avons collaboré avec Loïc Le Blevennec (@kine_ksport), kinésithérapeute formé au Dry Needling, depuis son cabinet à Aix-en-Provence. Et pour rendre l’expérience encore plus parlante, Alexandre (@pamz_therapy) a testé la méthode sur une contracture à l’épaule. Objectif : comprendre à quoi sert vraiment le Dry Needling, dans quels cas l’utiliser, quelles précautions respecter, et comment l’intégrer dans une prise en charge kiné globale.
Le Dry Needling consiste à introduire une aiguille stérile, fine et à usage unique dans une zone musculaire ciblée, généralement au niveau d’un point trigger ou d’un cordon musculaire tendu. On parle d’“aiguille sèche” parce qu’aucun produit n’est injecté : contrairement à une infiltration, il n’y a ni médicament, ni anesthésique, ni substance active.
En France, cette pratique peut être réalisée par un masseur-kinésithérapeute ayant acquis les compétences nécessaires, dans le respect des règles professionnelles, d’hygiène, de sécurité et de déontologie. Le Conseil d’État a rappelé en 2022 que l’Ordre ne pouvait pas imposer un cursus unique obligatoire pour pratiquer, mais le principe reste clair : le kiné doit être compétent, formé et capable de justifier une pratique sécurisée.
Cette précision est importante : le Dry Needling n’est pas un simple “geste technique”. C’est une technique invasive, même si elle est peu invasive, car elle traverse la peau. Elle suppose donc une connaissance fine de l’anatomie, des zones à risque, des contre-indications et de la conduite à tenir en cas d’effet indésirable.
Le Dry Needling cible principalement les douleurs myofasciales, c’est-à-dire des douleurs liées aux muscles et aux fascias. Le kinésithérapeute recherche à la palpation des zones de tension, souvent décrites comme des “nœuds musculaires” ou des points trigger. Ces zones peuvent être douloureuses localement, mais aussi provoquer des douleurs projetées à distance.
L’insertion de l’aiguille peut déclencher une petite contraction réflexe du muscle, appelée réponse de twitch. Cette réaction est souvent recherchée car elle peut participer au relâchement de la zone traitée. L’objectif est de diminuer la douleur, d’améliorer la mobilité et de faciliter le retour au mouvement.
Il faut toutefois rester mesuré : les études disponibles suggèrent un intérêt du Dry Needling dans certaines douleurs musculo-squelettiques, mais les bénéfices sont surtout documentés à court terme, avec un niveau de preuve variable selon les indications. Une revue clinique publiée en 2022 rappelle que les effets observés concernent notamment la douleur et le seuil de pression douloureuse, mais que la qualité méthodologique des études reste faible à modérée.
En clair : le Dry Needling peut être utile, mais il ne remplace pas une prise en charge complète. Il s’intègre dans un raisonnement kiné plus large, avec bilan, éducation du patient, thérapie manuelle si nécessaire, exercices, reprise progressive de l’activité et correction des facteurs favorisants.
Le Dry Needling et l’acupuncture utilisent des aiguilles fines, mais leur logique n’est pas la même.
L’acupuncture s’inscrit dans une approche issue de la médecine traditionnelle chinoise, avec une stimulation de points situés sur des méridiens. Le Dry Needling, lui, s’appuie sur une lecture anatomique, biomécanique et neurophysiologique. Il cible des structures musculaires précises : points trigger, bandes tendues, zones douloureuses ou tissus impliqués dans un trouble fonctionnel.
Autrement dit, les outils se ressemblent, mais l’intention thérapeutique, le raisonnement clinique et les zones ciblées diffèrent.
Dans le cadre de cet article destiné aux kinésithérapeutes français, il est préférable de parler de puncture kinésithérapique par aiguille sèche lorsqu’elle est réalisée par un masseur-kinésithérapeute.
Le Collège de la Masso-Kinésithérapie met à disposition des recommandations sur le contenu de formation à destination des kinésithérapeutes, avec un socle autour des points trigger et de la sécurité du geste.
Il vaut mieux éviter une formulation trop large du type : “elle peut être pratiquée par les médecins, chiropracteurs ou infirmiers spécialisés”, car cela dépend fortement des pays, des réglementations locales et des champs de compétences. Pour un article français, la formulation la plus sûre est donc :
En France, le Dry Needling peut être pratiqué par des masseurs-kinésithérapeutes ayant acquis les compétences nécessaires et respectant les règles de sécurité, d’hygiène et de déontologie applicables à la profession.
La sensation varie selon les patients, les zones traitées et la technique utilisée. L’insertion de l’aiguille peut être très discrète, parfois presque imperceptible. En revanche, lorsque l’aiguille atteint une zone très réactive, le patient peut ressentir une contraction brève, une douleur sourde, une décharge locale ou une sensation de crampe passagère.
Après la séance, il est fréquent de ressentir une courbature locale, une sensibilité à la pression ou une gêne temporaire pendant quelques heures à 48 heures. Des petits saignements ou hématomes peuvent aussi survenir. Les effets indésirables graves sont rares, mais ils existent : infection, saignement important, atteinte nerveuse ou pneumothorax, notamment lorsque la puncture est réalisée dans une zone thoracique ou proche du poumon.
C’est pour cette raison que le Dry Needling doit toujours être réalisé avec une hygiène stricte, une information claire du patient, un consentement éclairé et une parfaite maîtrise anatomique.
Le Dry Needling peut être envisagé dans certaines situations de douleurs musculaires persistantes, notamment lorsqu’un bilan met en évidence des points trigger myofasciaux, des tensions localisées ou une limitation de mobilité liée à une hypertonie musculaire.
Il peut par exemple être utilisé dans certaines douleurs cervicales, douleurs d’épaule, lombalgies avec composante myofasciale, douleurs liées à des surcharges sportives ou tensions musculaires chroniques. Certaines publications évoquent aussi son intérêt dans des contextes comme les tendinopathies ou certaines douleurs articulaires, mais toujours dans une logique de prise en charge globale, et non comme solution isolée.
En revanche, il faut éviter de le présenter comme une réponse universelle à l’arthrose, aux migraines, à la fibromyalgie ou à toutes les douleurs chroniques. Pour ces situations, il peut parfois avoir une place, mais seulement après un raisonnement clinique précis et avec une information honnête sur le niveau de preuve.
Le principal intérêt du Dry Needling est de pouvoir agir de manière ciblée sur une zone musculaire douloureuse ou réactive. Chez certains patients, il peut contribuer à diminuer la douleur, améliorer l’amplitude de mouvement et faciliter la reprise des exercices.
Les bénéfices les plus souvent recherchés sont :
Le point à retenir : le Dry Needling n’est pas une baguette magique. C’est un outil complémentaire, potentiellement intéressant lorsqu’il est bien indiqué, bien expliqué et bien intégré dans le parcours de soin.
Une séance commence toujours par un bilan kinésithérapique. Le praticien évalue la douleur, la mobilité, les antécédents, les éventuelles contre-indications et les objectifs du patient. Il identifie ensuite les zones pertinentes à traiter, notamment à la palpation.

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En savoir plus sur le suivi patientAvant la puncture, le kinésithérapeute explique le geste, les sensations possibles, les bénéfices attendus, les effets secondaires fréquents et les signes qui doivent alerter. Le patient doit pouvoir poser ses questions et donner son accord.
La zone est ensuite désinfectée. Le kinésithérapeute utilise une aiguille stérile à usage unique, qu’il introduit selon une profondeur et une orientation adaptées à la zone traitée. Selon la technique, l’aiguille peut être laissée en place quelques instants, mobilisée légèrement, ou utilisée dans une approche plus dynamique. Certains praticiens utilisent aussi une stimulation électrique associée, lorsque cela est pertinent.
Après la séance, le kiné peut proposer des exercices doux, des mouvements actifs, des conseils d’activité et des consignes de surveillance. L’objectif n’est pas de “bloquer” le patient au repos, mais de favoriser une reprise progressive et adaptée.
Le Dry Needling nécessite une vigilance particulière. Certaines situations imposent de différer, d’adapter ou d’éviter la technique : infection locale ou générale, plaie ou problème cutané sur la zone, troubles importants de la coagulation, traitement anticoagulant selon le contexte, phobie importante des aiguilles, malaise vagal connu, grossesse selon les zones et le trimestre, immunodépression, troubles cognitifs empêchant de comprendre le geste, ou absence de consentement.
Une revue clinique mentionne notamment plusieurs contre-indications ou précautions : refus du patient, phobie des aiguilles, troubles cognitifs importants, infection, œdème localisé, maladie vasculaire, premier trimestre de grossesse ou système immunitaire fragilisé.
Les zones thoraciques, cervicales profondes ou proches de structures sensibles demandent une compétence particulièrement solide, car le risque, même rare, peut être sérieux.
On distingue plusieurs approches.
Le choix de la technique dépend toujours du bilan, de la zone traitée, du profil du patient, de sa tolérance et de l’objectif thérapeutique.
Pour illustrer concrètement le déroulement d’une séance, nous avons tourné une vidéo avec Pamz Therapy et Loïc Le Blevennec à Aix-en-Provence. On y découvre les étapes de la prise en charge, les explications données au patient, les sensations ressenties et l’intérêt possible du Dry Needling dans une douleur musculaire localisée.
👉 Visionnez la vidéo pour découvrir comment cette technique peut s’intégrer dans une approche moderne de la kinésithérapie, au service du mouvement, de la récupération et du soulagement de la douleur.
Le Dry Needling est une technique intéressante pour certains patients présentant des douleurs myofasciales, des tensions musculaires persistantes ou des limitations de mobilité liées à des points trigger. Il peut apporter un soulagement, surtout à court terme, et faciliter le travail actif réalisé ensuite en séance.
Mais il doit être présenté avec justesse : ce n’est ni de l’acupuncture, ni une infiltration, ni une solution miracle. C’est une technique de puncture sèche, réservée à des professionnels compétents, qui nécessite une formation sérieuse, une hygiène irréprochable, une bonne connaissance anatomique et une indication clinique précise.
Bien utilisé, le Dry Needling peut devenir un outil complémentaire précieux dans la boîte à outils du kinésithérapeute. Mal indiqué ou mal expliqué, il peut au contraire créer des attentes irréalistes ou exposer à des risques évitables.
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J’ai bien écouté votre vidéo, mais mon problème c’est au niveau de l’extenseur du gros orteil, qui est trop tendu, après une arthrodèse du sacro iliaque en 2023, où le chirurgien à dû me toucher un muscle, car depuis j’ai les orteils en griffes et mon gros orteil me fait mal
Cette méthode peut elle me soulager , et surtout retrouver une bonne marche
Merci
Bonjour, je vous invite à vous rapprocher d’un médecin agrée ou d’un kinésithérapeute afin qu’il puisse observer votre cas. Bien à vous, Cléo de l’équipe kiné par nature
Bonjour, je vous invite à vous rapprocher d’un médecin agrée ou d’un kinésithérapeute afin qu’il puisse observer votre cas. Bien à vous, Cléo de l’équipe kiné par nature