Maîtrisez l’ordonnance kiné de A à Z

ordonnance kiné

L’ordonnance pour des soins de kinésithérapie reste un document clé de votre pratique. Elle encadre la prise en charge du patient lorsque celle-ci nécessite une prescription médicale et participe à la bonne facturation des soins. Mais les règles ont beaucoup évolué ces dernières années : accès direct au kinésithérapeute, possibilité de renouveler et d’adapter certaines prescriptions, expérimentation au sein des CPTS et, depuis septembre 2026, élargissement important des produits de santé que les masseurs-kinésithérapeutes peuvent prescrire. Alors, quand une ordonnance est-elle encore nécessaire ? Que doit-elle contenir ? Combien de temps est-elle valable ? Et que pouvez-vous désormais prescrire vous-même ? On fait le point. 👀

Les règles entourant l’ordonnance de kinésithérapie ont fortement évolué ces dernières années. En 2026, vous pouvez notamment :

  • prendre en charge certains patients sans prescription médicale dans le cadre de l’accès direct ;
  • réaliser jusqu’à 8 séances sans diagnostic médical préalable dans les situations prévues par la loi ;
  • participer à l’expérimentation de l’accès direct en CPTS dans 20 départements si vous remplissez les conditions requises ;
  • renouveler et adapter une prescription datant de moins d’un an, sauf indication contraire du médecin ; déterminer les techniques et le nombre de séances nécessaires dans le cadre de votre BDK ;
  • prescrire une liste beaucoup plus large de dispositifs médicaux et de médicaments depuis le 17 septembre 2026.

Définition d’une ordonnance médicale

Une ordonnance est un document établi par un professionnel habilité à prescrire afin d’organiser la prise en charge d’un patient. En masso-kinésithérapie, le Code de la santé publique prévoit que, lorsqu’il agit dans un but thérapeutique, le masseur-kinésithérapeute exerce en principe sur prescription médicale.

Des exceptions existent néanmoins : dans certaines structures et dans le cadre de l’expérimentation menée au sein de certaines CPTS, le kiné peut prendre en charge directement un patient sans ordonnance médicale préalable.

Dans le cadre d’une prescription médicale, le kiné établit son bilan diagnostic kinésithérapique (BDK). Ce bilan comprend notamment le diagnostic kinésithérapique, les objectifs de soins ainsi que le choix des actes et des techniques qui lui paraissent les plus appropriés.

Quels sont les professionnels de santé autorisés à prescrire des soins de kinésithérapie ?

Plusieurs professionnels de santé sont habilités à prescrire des séances de kinésithérapie :

  • Médecins généralistes et spécialistes : ils peuvent prescrire des séances adaptées aux besoins de rééducation du patient en fonction de son état de santé.
  • Chirurgiens orthopédistes : après une intervention chirurgicale, ils peuvent prescrire des séances de kinésithérapie pour aider le patient à récupérer sa mobilité et sa fonctionnalité.
  • Médecins physiatres : les médecins spécialisés en médecine physique et de réadaptation prescrivent généralement des séances de kinésithérapie dans le cadre d’un plan de traitement de troubles neurologiques, orthopédiques ou musculo-squelettiques.
  • Rhumatologues : pour les patients souffrant de troubles rhumatologiques, tels que l’arthrite ou les maladies rhumatismales, les rhumatologues peuvent recommander des séances de kinésithérapie pour soulager la douleur, améliorer la mobilité et renforcer les muscles.
  • Pédiatres : ils peuvent prescrire des séances de kinésithérapie pour les enfants présentant des retards de développement, des troubles moteurs ou des besoins spécifiques en kinésithérapie pédiatrique.
  • Ect…

Accès direct : ce qui est déjà permanent, et l’expérimentation CPTS de 2025

Depuis la loi du 20 mai 2023, un patient peut consulter un kinésithérapeute sans prescription médicale préalable lorsque le praticien exerce dans certaines structures : établissements de santé (publics, privés d’intérêt collectif et privés), établissements et services sociaux et médico-sociaux, et structures d’exercice coordonné (équipes de soins primaires ou spécialisés, centres de santé, maisons de santé). Dans ce cadre, vous pouvez réaliser jusqu’à huit séances par patient sans diagnostic médical préalable, avant réorientation éventuelle vers un médecin.

Accès direct en CPTS : une expérimentation dans 20 départements

Depuis le 8 juin 2025, une expérimentation de 5 ans étend cette possibilité aux kinésithérapeutes adhérant à une CPTS (Communauté Professionnelle Territoriale de Santé), dans 20 départements pilotes : Aude, Deux-Sèvres, Côtes-d’Armor, Gers, Haute-Corse, Haut-Rhin, Isère, Loiret, Martinique, Mayotte, Meurthe-et-Moselle, Nord, La Réunion, Rhône, Seine-Maritime, Tarn, Var, Vendée, Yonne, Yvelines.

Chaque prise en charge suppose un BDK structuré, l’information du médecin traitant et une réorientation en cas de signe d’alerte.


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Le contenu d’une ordonnance pour des soins en kiné

Depuis le 1er janvier 2026, le Code de la sécurité sociale précise les informations qui doivent figurer sur une ordonnance lorsqu’elle est nécessaire. Elle doit notamment permettre d’identifier :

  • les nom et prénom du patient ;
  • l’identifiant du prescripteur ;
  • le cas échéant, l’identifiant de la structure dans laquelle la prescription est établie ;
  • la date de la prescription ;
  • les informations permettant de rapprocher l’ordonnance de la feuille de soins ;
  • le cas échéant, les mentions particulières nécessaires à la prise en charge.

L’ordonnance doit également être signée par le prescripteur et permettre d’identifier les soins prescrits.

Le médecin doit-il indiquer le nombre de séances sur l’ordonnance kiné?

Pas nécessairement. Le médecin n’a pas l’obligation de déterminer précisément le nombre de séances ni les techniques de rééducation à utiliser. Dans le cadre de son bilan diagnostic kinésithérapique (BDK), le kiné détermine notamment :

  • le diagnostic kinésithérapique ;
  • les objectifs de soins ;
  • les actes et techniques les plus adaptés ;
  • le nombre de séances nécessaires en fonction de la situation du patient.

Attention toutefois : pour certaines situations de rééducation faisant l’objet de référentiels validés par la HAS, une demande d’accord préalable peut être nécessaire au-delà d’un certain nombre de séances.

Les soins à domicile

Depuis l’avenant 7, la mention « soins à domicile » n’est plus obligatoire sur l’ordonnance pour réaliser et facturer des soins au domicile du patient. Les conditions permettant de facturer les indemnités de déplacement restent néanmoins applicables.

Le télésoin

Le télésoin peut être utilisé pour les actes compatibles avec une prise en charge à distance. La séance au cours de laquelle est réalisé le BDK initial ne peut toutefois pas être effectuée en télésoin.

Le kiné doit également, sauf exception prévue par les textes, avoir réalisé au moins un acte ou un bilan en présentiel avec le patient au cours des 12 mois précédents.

Renouvellement d’une ordonnance : que peut faire le kiné ?

Depuis l’avenant 7, vous pouvez renouveler et adapter une prescription initiale de masso-kinésithérapie datant de moins d’un an, uniquement dans le cadre d’un renouvellement et en l’absence d’indication contraire du médecin.

Ce renouvellement est possible dans les 12 mois suivant la date de rédaction de l’ordonnance initiale. Les séances liées au renouvellement peuvent, elles, dépasser cette date anniversaire.

Vous devez également informer le médecin prescripteur initial du renouvellement et, le cas échéant, de l’adaptation réalisée.

Quelles mentions ajouter sur l’ordonnance kiné?

Portez sur l’original de l’ordonnance kiné :

  • vos nom, prénom et numéro d’identification ;
  • la mention « Renouvellement masseur-kinésithérapeute » ;
  • la durée du renouvellement en nombre de séances ;
  • le cas échéant, le type de séance en cas d’adaptation ;
  • la date du renouvellement ;
  • votre signature.

L’original est ensuite remis au patient.

Une copie de la prescription renouvelée doit être transmise via SCOR et conservée dans le dossier du patient pendant 33 mois.

📌 Pour la facturation : utilisez le numéro prescripteur « 291991123 ».

Le BDK ne doit pas être facturé spécifiquement à l’occasion du renouvellement, sauf si celui-ci intervient à l’échéance normale d’une refacturation du bilan. Il peut néanmoins être réalisé lorsque l’adaptation de la prescription entraîne une modification du type de rééducation.

Les éventuels seuils de séances nécessitant une demande d’accord préalable continuent également de s’appliquer.

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Quelle est la durée de validité d’une ordonnance de kinésithérapie ?

Contrairement à une idée répandue, il n’existe pas de délai réglementaire général de validité applicable aux prescriptions de séances de kinésithérapie.Deux points doivent toutefois être vérifiés :

  • si le médecin a précisé sur l’ordonnance un nombre de séances, une durée ou des modalités particulières, celles-ci doivent être respectées ;
  • si un délai important s’est écoulé depuis la prescription, le kiné doit vérifier, notamment dans le cadre du BDK, que l’état actuel du patient justifie toujours la prise en charge. Si ce n’est plus le cas ou si la situation a évolué, une nouvelle prescription doit être demandée.

💡 À retenir : une ordonnance de kinésithérapie non utilisée pendant 6 mois n’est donc pas automatiquement périmée. Le délai de 12 mois concerne une autre règle : pour pouvoir renouveler et adapter lui-même une prescription, le kiné doit le faire dans les 12 mois suivant la rédaction de l’ordonnance initiale.

Ce que le kiné peut prescrire à son tour

Le droit de prescription des masseurs-kinésithérapeutes a connu une évolution majeure en septembre 2026. Le Code de la santé publique prévoit que le kiné peut prescrire, sauf indication contraire du médecin, les produits de santé nécessaires à l’exercice de sa profession.

Depuis le 17 septembre 2026, un nouvel arrêté fixe une liste beaucoup plus large des produits pouvant faire l’objet d’une ordonnance par le kiné. Il remplace et abroge l’ancien arrêté du 9 janvier 2006.

Nouveauté : 58 catégories de produits de santé peuvent être prescrites

Le nouvel arrêté du 14 septembre 2026 comprend 58 catégories de dispositifs médicaux et de médicaments. Parmi les principaux produits concernés, on retrouve notamment :

  • les aides à la déambulation : cannes, béquilles, déambulateurs ;
  • certains fauteuils roulants en location pour moins de 3 mois ;
  • les lits médicalisés à la location ;
  • certains dispositifs d’aide au transfert ;
  • les attelles et orthèses ;
  • les chaussures thérapeutiques ;
  • les dispositifs de contention ;
  • les talonnettes ;
  • les dispositifs de neurostimulation électrique transcutanée (TENS) ;
  • certains appareils d’électrostimulation musculaire ;
  • certains dispositifs de rééducation périnéo-sphinctérienne ;
  • les dispositifs d’aide à l’auto-drainage et à l’auto-surveillance respiratoire ;
  • les oxymètres de pouls et saturomètres ;
  • les tensiomètres ;
  • certains pansements ;
  • le sérum physiologique isotonique en unidoses ;
  • les substituts nicotiniques ;
  • les mucolytiques ;
  • certains antiseptiques locaux ;
  • les myorelaxants, hors formes injectables ;
  • les antalgiques de palier 1 selon la classification de l’OMS, hors formes injectables.

Cette possibilité reste naturellement encadrée : la prescription doit être réalisée dans le champ de compétences du masseur-kinésithérapeute et en l’absence d’indication contraire du médecin. L’arrêté exclut par ailleurs, de manière générale, les produits et matériels utilisés pendant la séance.

💡 À retenir : cette évolution est importante puisqu’elle ne concerne plus seulement certains dispositifs médicaux. Depuis septembre 2026, la liste comprend également plusieurs médicaments, notamment certains antalgiques, myorelaxants, antiseptiques ou mucolytiques.

Ces produits sont-ils automatiquement remboursés ?

Non. Le fait qu’un produit puisse être prescrit par un masseur-kinésithérapeute ne signifie pas automatiquement qu’il est remboursable par l’Assurance Maladie. La prise en charge dépend des règles applicables au produit concerné et, notamment, de son inscription sur les listes de produits ou prestations remboursables.

Lorsqu’un dispositif médical prescrit n’est pas remboursable, le patient doit en être informé et la mention « NR » doit être portée sur l’ordonnance en face du produit concerné.

Sources

  • Ordre des MK, lancement de l’expérimentation accès direct CPTS dans 20 départements
  • Caducee.net, expérimentation lancée dans 20 départements (dates loi/décret/arrêté)
  • Vidal, accès direct kinés en CPTS
  • Arrêté du 21 août 2023 approuvant l’avenant n° 7 (Légifrance)
  • Récapitulatif avenant 7 (renouvellement, SCOR, 291991123, accès direct)

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