Les frais de scolarité des étudiants en kiné : une injustice qui mine la profession
28 avril 2025 - Études kiné

Vous avez obtenu votre diplôme de kiné à l’étranger et vous voulez exercer en France ? Avant de vous lancer, une chose est essentielle à comprendre : l’équivalence ne donne pas automatiquement le droit de travailler. En 2026, pour exercer comme masseur-kinésithérapeute en France, vous devez généralement obtenir une autorisation d’exercice, puis vous inscrire à l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes. Votre dossier sera étudié selon votre pays de formation, le contenu de vos études, vos stages, votre expérience et le droit d’exercice associé à votre diplôme. Décryptage !
Pour obtenir une équivalence de diplôme étranger et travailler comme kiné en France, vous devez généralement :
En résumé, le mot “équivalence” reste pratique, mais il ne décrit pas toute la réalité de la démarche. Pour exercer comme kiné en France, vous devez surtout obtenir une autorisation d’exercice. Le préfet de région peut vous l’accorder si votre formation et votre expérience professionnelle correspondent au niveau attendu en France. Si la commission constate des écarts importants avec la formation française, elle peut vous demander de réaliser une mesure compensatoire.
Lorsqu’on cherche à faire reconnaître un diplôme étranger en France, on tombe souvent sur le centre ENIC-NARIC France et l’attestation de comparabilité. Cette démarche peut être utile, mais elle ne suffit pas pour exercer comme kiné.
L’attestation de comparabilité est un document qui permet de situer un diplôme étranger par rapport au système français. Elle peut aider dans certains projets d’études, de candidature ou de reconnaissance académique. Mais elle ne transforme pas un diplôme étranger en diplôme français et ne donne pas, à elle seule, le droit d’exercer une profession réglementée. France Éducation international précise que la demande se fait uniquement en ligne et que le centre ENIC-NARIC France n’instruit qu’un seul diplôme par dossier.
Pour une profession non réglementée, cette attestation peut aider un employeur à comprendre le niveau d’un diplôme étranger. Pour une profession réglementée, comme la masso-kinésithérapie, elle ne remplace pas l’autorisation d’exercice.
Le bon raisonnement est donc le suivant : l’attestation ENIC-NARIC peut aider à situer un diplôme, mais l’autorisation DREETS et l’inscription à l’Ordre sont les étapes déterminantes pour exercer comme kiné en France.
Beaucoup d’étudiants recherchent “comment obtenir équivalence diplôme étranger” en pensant qu’il existe une procédure unique. En réalité, plusieurs notions se mélangent.
Le conseil départemental du Maine-et-Loire rappelle que la demande d’autorisation d’exercice est une formalité obligatoire et préalable à l’inscription au Tableau pour les diplômes étrangers ou communautaires.
La question de l’équivalence de diplôme kiné n’est pas marginale. Elle concerne une part importante de la profession.
Selon le rapport 2024 de l’Ordre, au 1er janvier 2024, 32 574 kinésithérapeutes inscrits en France étaient titulaires d’un diplôme obtenu hors de France. Cela représente 30,8 % des inscrits au Tableau, contre 23 728 professionnels, soit 26,1 %, au 1er janvier 2020.
Cette évolution montre que les parcours de formation à l’étranger sont devenus un enjeu majeur pour la profession. Ils concernent à la fois des professionnels étrangers qui viennent exercer en France et des étudiants français qui partent se former dans un autre pays européen avant de revenir travailler sur le territoire national.
Le même rapport de l’Ordre analyse également la répartition des diplômés hors France par département, l’origine des diplômes obtenus à l’étranger et la proportion de ressortissants français parmi ces professionnels. Ce contexte explique pourquoi les demandes d’autorisation d’exercice sont devenues un sujet central pour les étudiants, les DREETS, l’Ordre et les cabinets libéraux qui recrutent.
Sont principalement concernés par une demande d’autorisation d’exercice :
La situation la plus fréquente concerne les titulaires d’un diplôme de masseur-kinésithérapeute obtenu dans l’Union européenne, l’Espace économique européen ou en Suisse. Les DREETS indiquent que la reconnaissance des diplômes européens dans le secteur paramédical relève d’une procédure d’autorisation d’exercice, en fonction notamment du pays de délivrance du diplôme et de la nationalité du demandeur.
Le cas des diplômes hors Union européenne est plus complexe. La procédure n’est pas automatique. Elle peut dépendre d’une reconnaissance préalable dans un État européen, de l’expérience professionnelle acquise dans cet État et du droit d’exercice associé au diplôme. L’Ordre distingue d’ailleurs les démarches selon que le demandeur est ressortissant de l’Union européenne ou de Suisse, ou ressortissant d’un État tiers.
| Votre situation | Ce qu’il faut retenir |
|---|---|
| Vous avez un diplôme de kiné obtenu dans l’UE, l’EEE ou en Suisse | Vous pouvez généralement déposer une demande d’autorisation d’exercice auprès de la DREETS compétente, selon votre profil |
| Vous avez un diplôme hors UE déjà reconnu dans un État européen | Une démarche peut être possible sous conditions, notamment selon votre nationalité, votre droit d’exercice et votre expérience |
| Vous avez un diplôme hors UE non reconnu dans un État européen | La reconnaissance est beaucoup plus incertaine et ne doit jamais être considérée comme automatique |
| Vous êtes étudiant français dans une école étrangère | Vous devez vérifier très tôt si le diplôme final ouvre un vrai droit d’exercice dans le pays de formation |
| Vous souhaitez exercer temporairement en France | Une procédure spécifique peut s’appliquer, notamment via la carte professionnelle européenne ou la libre prestation de services |
| Vous souhaitez vous installer en libéral | Vous devez obtenir l’autorisation d’exercice, vous inscrire à l’Ordre, puis accomplir les démarches propres à l’activité libérale |
Pour les kinés diplômés dans l’Union européenne, l’Espace économique européen ou en Suisse, deux voies peuvent être envisagées selon le profil : la demande directe auprès de la DREETS ou la carte professionnelle européenne.
La demande auprès de la DREETS consiste à déposer un dossier auprès de la région dans laquelle vous souhaitez exercer. La DREETS vérifie la complétude du dossier, puis celui-ci est examiné par une commission compétente. L’autorisation est ensuite délivrée, ou non, par le préfet de région.
La carte professionnelle européenne, souvent appelée CPE, est une procédure en ligne qui peut concerner certaines professions réglementées, dont les masseurs-kinésithérapeutes. L’Ordre indique que l’obtention de la carte professionnelle européenne ou d’une réponse positive du Conseil national de l’Ordre vaut reconnaissance des qualifications professionnelles dans certaines situations de mobilité européenne.
La CPE peut être intéressante si vous avez un profil européen clair et que vous souhaitez une démarche dématérialisée. La demande DREETS reste une voie directe, régionale, souvent plus lisible pour un projet d’installation dans une région précise.
Dans tous les cas, ces deux démarches poursuivent le même objectif : faire reconnaître vos qualifications pour obtenir le droit d’exercer en France. Il faut vérifier les consignes officielles avant de choisir, car les pièces demandées, les délais et les modalités peuvent varier selon votre situation.
La démarche peut se résumer en six étapes :
Avant de déposer une demande, vous devez savoir dans quelle situation vous vous trouvez. Les questions à se poser sont simples, mais déterminantes :
Deux personnes ayant étudié dans le même pays peuvent ne pas suivre exactement le même parcours administratif si leur nationalité, leur expérience ou le statut exact de leur diplôme diffèrent.
C’est l’un des points les plus importants. Pour l’administration française, il ne suffit pas d’avoir suivi une formation appelée “kinésithérapie”, “physiotherapy” ou “fisioterapia”. Il faut pouvoir prouver que le diplôme permet effectivement d’exercer la profession dans le pays de délivrance.
Dans ses informations sur la mobilité, l’Ordre mentionne notamment la copie des titres de formation permettant l’exercice de la profession dans le pays d’obtention.
Pour un étudiant, c’est probablement le point le plus important à vérifier avant de partir à l’étranger. Une école peut être séduisante, accessible, francophone ou bien présentée commercialement. Mais la vraie question est : le diplôme délivré à la fin du cursus permet-il réellement d’exercer comme kiné dans ce pays ?
La demande d’autorisation d’exercice se dépose auprès de la DREETS de la région dans laquelle vous souhaitez exercer. Les règles nationales sont communes, mais les modalités pratiques peuvent varier selon les régions : formulaire, plateforme, adresse de dépôt, calendrier de commission, pièces complémentaires ou dématérialisation.
En Occitanie, par exemple, les dossiers papier pour les masseurs-kinésithérapeutes ne sont plus acceptés depuis le 2 juin 2025 : le dépôt se fait en ligne. La même DREETS publie également des informations sur les commissions régionales d’autorisation d’exercice, avec des dates de CRAE masseur-kinésithérapeute en 2026.
Il faut donc éviter d’envoyer un dossier “au hasard” ou de se baser uniquement sur l’expérience d’un autre étudiant dans une autre région. Le bon interlocuteur est la DREETS de la région où vous avez l’intention de travailler.
C’est l’étape la plus stratégique. Un dossier d’autorisation d’exercice ne doit pas être pensé comme une simple formalité. Il doit convaincre l’administration que votre parcours correspond au niveau attendu en France.
| Pièce à préparer | Pourquoi elle compte |
|---|---|
| Pièce d’identité | Elle permet de vérifier votre identité et votre nationalité |
| Diplôme étranger de kinésithérapie | Il prouve le titre obtenu |
| Traduction certifiée ou assermentée si nécessaire | Elle rend les documents exploitables par l’administration française |
| Relevés de notes | Ils montrent les matières validées et le niveau atteint |
| Programme détaillé de formation | Il permet de comparer votre cursus avec le référentiel français |
| Volume horaire des enseignements | Il aide à apprécier la densité de la formation |
| Attestations de stages | Elles prouvent votre expérience clinique réelle |
| Carnets de stage ou grilles d’évaluation | Ils donnent une vision plus concrète des compétences acquises |
| Attestation de droit d’exercice dans le pays d’origine | Elle montre que le diplôme permet d’exercer légalement |
| Attestation de conformité du diplôme | Elle peut prouver que le diplôme répond aux exigences du pays d’obtention |
| Attestation de non-sanction ou de bonne conduite professionnelle | Elle permet de vérifier l’absence de suspension ou sanction professionnelle |
| Extrait de casier judiciaire si demandé | Il peut être requis selon les dossiers |
| Attestations d’expérience professionnelle | Elles peuvent aider à compenser certains écarts de formation |
| CV détaillé | Il donne une vue d’ensemble du parcours |
| Preuve de reconnaissance dans un État européen, si applicable | Elle est essentielle pour certains diplômes hors UE |
Le bon réflexe est de présenter votre dossier comme une démonstration. Ne vous contentez pas de fournir un diplôme. Expliquez, documents à l’appui, ce que vous avez appris, combien de temps vous avez été formé, quels stages vous avez réalisés, auprès de quels patients, dans quels services, avec quel niveau d’autonomie.
Une fois le dossier déposé, l’administration vérifie d’abord s’il est complet. En Occitanie, la DREETS indique un délai d’un mois pour vérifier la complétude du dossier, puis un délai de quatre mois pour présenter le dossier complet en commission. Ces délais donnent un repère utile, même s’ils peuvent varier selon les régions et la complexité du dossier.
La commission peut ensuite :
Une mesure compensatoire peut prendre la forme d’une épreuve d’aptitude ou d’un stage clinique. Elle est demandée lorsqu’il existe des différences substantielles entre votre formation et le niveau requis pour exercer en France.
Si la décision est favorable, vous pouvez engager l’étape suivante : l’inscription au tableau de l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes. Cette inscription se fait auprès du conseil départemental de votre futur lieu d’exercice.
Cette étape est obligatoire. L’autorisation d’exercice ne suffit pas à elle seule à commencer l’activité. Le conseil départemental du Maine-et-Loire précise que les diplômés étrangers ou communautaires doivent se rapprocher de la DREETS pour la demande d’autorisation d’exercice, formalité préalable à l’inscription au Tableau.
Les documents requis varient selon votre situation et selon la DREETS compétente. Mais, dans la plupart des cas, vous devez anticiper trois catégories de documents.
D’abord, les documents d’identité et de situation administrative : pièce d’identité, justificatif de nationalité, éventuellement titre de séjour ou document attestant de votre situation si vous êtes ressortissant d’un État tiers.
Ensuite, les documents liés au diplôme et à la formation :
Enfin, les documents liés à votre expérience professionnelle :
Pour un dossier de reconnaissance, l’objectif n’est pas seulement de prouver que vous avez un diplôme. Il faut prouver que votre diplôme, votre formation et votre expérience permettent d’exercer la kinésithérapie dans des conditions comparables aux exigences françaises.
Si vos documents ne sont pas en français, vous devrez généralement fournir une traduction certifiée, aussi appelée traduction assermentée. Cela peut concerner le diplôme, les relevés de notes, les attestations de stage, l’attestation de conformité ou les documents de droit d’exercice.
Ce point doit être anticipé, car la traduction peut prendre du temps et représenter un coût important. Une traduction faite par vous-même, par un proche ou par un outil automatique ne suffit pas pour un dossier administratif.
Le plus prudent est de vérifier les consignes de la DREETS compétente. Certaines peuvent préciser les exigences attendues pour les traductions, les copies et les justificatifs. L’objectif est simple : les documents doivent être compréhensibles, fiables et exploitables par la commission.
Pour un kiné, la demande principale est la demande d’autorisation d’exercice auprès de la DREETS compétente. Certaines régions utilisent désormais des démarches en ligne, notamment via des plateformes de dépôt dématérialisé. En Occitanie, les demandes des masseurs-kinésithérapeutes doivent passer par un dossier en ligne depuis juin 2025.
La logique de dépôt est généralement la suivante :
Pour l’attestation de comparabilité ENIC-NARIC, la démarche est différente. Elle se fait uniquement en ligne, via le site de France Éducation international. Le centre ENIC-NARIC France indique que la procédure de demande de reconnaissance s’effectue uniquement en ligne.
Il faut distinguer les frais de l’attestation ENIC-NARIC et les éventuels frais liés à votre dossier d’autorisation d’exercice.
Pour l’attestation de comparabilité, France Éducation international applique deux frais distincts : 20 € au moment du dépôt du dossier, puis 100 € lors de l’instruction, si le centre ENIC-NARIC déclare le dossier recevable. Les personnes réfugiées, demandeuses d’asile et bénéficiaires de la protection subsidiaire ou temporaire n’ont pas à payer ces frais.
À cela peuvent s’ajouter des frais indirects :
Pour la demande d’autorisation d’exercice, les frais peuvent dépendre des modalités régionales et de votre situation. Le plus prudent est donc de vérifier directement la page de la DREETS compétente. Les coûts les plus fréquents ne viennent pas forcément du dépôt lui-même, mais plutôt de la constitution du dossier : traductions, documents officiels, duplicatas, attestations et déplacements.
L’attestation de comparabilité peut être utile si vous devez faire comprendre le niveau académique de votre diplôme étranger à un établissement, un employeur ou une administration. Pour l’obtenir, vous devez passer par le centre ENIC-NARIC France, rattaché à France Éducation international.
La demande se fait en ligne. Service-public.fr indique que vous devez d’abord vous préinscrire, puis compléter votre dossier à partir du lien reçu par courriel. La procédure comprend une première étape de recevabilité, puis une étape d’expertise si le dossier est recevable.
Mais pour un masseur-kinésithérapeute, il faut retenir une limite importante : l’attestation de comparabilité ne donne pas le droit d’exercer. Elle peut aider à situer votre diplôme dans le système français, mais l’exercice de la kinésithérapie en France dépend de l’autorisation d’exercice et de l’inscription à l’Ordre.
Si vous êtes étudiant français et que vous envisagez de suivre vos études de kiné à l’étranger, cet article vous concerne directement. Beaucoup d’étudiants pensent qu’ils pourront revenir en France automatiquement à la fin du cursus. C’est une erreur.
Avant de vous inscrire dans une école de kiné à l’étranger, vérifiez :
Ces documents seront précieux au moment de demander votre autorisation d’exercice en France. Sans eux, votre dossier peut devenir difficile à défendre.
Il faut aussi se méfier des promesses trop simples. Une école peut affirmer que ses anciens étudiants travaillent en France, mais cela ne garantit pas que votre propre dossier sera accepté. La décision dépendra de votre diplôme, de votre parcours, de votre nationalité, du cadre légal du pays de formation et de l’analyse de la commission.
Le cas des diplômes hors Union européenne est le plus sensible. En 2026, il ne faut pas écrire ni laisser entendre qu’un diplôme hors UE peut être simplement “équivalent” en France. La situation dépend de nombreux critères.
Vous pouvez envisager une démarche si un État européen a déjà reconnu votre diplôme et si ce diplôme vous a permis d’exercer réellement la profession dans cet État. Cette possibilité reste toutefois très encadrée. La DREETS Hauts-de-France précise qu’un titre de formation délivré par un État tiers doit permettre d’exercer dans l’État membre qui l’a reconnu, et que le professionnel doit justifier de trois ans d’exercice professionnel dans cet État. Elle ajoute qu’une simple homologation ou reconnaissance ne suffit pas à transformer ce titre en diplôme obtenu dans un État membre.
Concrètement, si vous avez un diplôme obtenu hors UE, vous devez vous rapprocher de la DREETS compétente avant de construire un projet d’installation. Selon votre situation, il peut être nécessaire de compléter votre formation, de reprendre un parcours en France ou de passer par une procédure spécifique. L’expérience professionnelle peut être utile, mais elle ne remplace pas automatiquement les conditions réglementaires d’accès à une profession de santé.
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Si la commission constate des différences substantielles entre votre formation et les exigences françaises, elle peut demander une mesure compensatoire. Cela ne signifie pas forcément que votre dossier est refusé. Cela signifie que l’administration estime qu’un complément est nécessaire avant de vous autoriser à exercer en France.
Les mesures compensatoires peuvent prendre deux formes principales :
La durée du stage dépend du dossier. Certains candidats peuvent ne pas avoir de stage à réaliser ; d’autres peuvent devoir effectuer plusieurs semaines de stage dans un ou plusieurs champs cliniques.
En Occitanie, la DREETS publie par exemple une liste d’établissements agréés pour le stage d’adaptation des masseurs-kinésithérapeutes ressortissants d’États membres de l’Union européenne souhaitant exercer en France. Cette information montre que les stages d’adaptation ne se font pas n’importe où : ils doivent respecter un cadre validé par les autorités compétentes.
La carte professionnelle européenne, ou CPE, peut être utilisée dans certains cas par les masseurs-kinésithérapeutes qui souhaitent faire reconnaître leurs qualifications dans un autre pays européen. Service-public.fr indique que la CPE concerne notamment les kinésithérapeutes parmi les professions réglementées pouvant utiliser cette procédure.
La CPE peut être intéressante pour un professionnel européen dont le parcours est clair. Elle peut concerner un exercice temporaire ou une installation plus durable selon les situations. Mais elle ne doit pas être vue comme une garantie automatique. Les autorités peuvent toujours vérifier la réalité du diplôme, le droit d’exercice et les qualifications.
Elle est donc à considérer comme une voie possible, pas comme une solution universelle. Si vous hésitez entre la CPE et la demande classique d’autorisation d’exercice, le plus prudent est de vérifier les consignes de la DREETS et de l’Ordre selon votre profil.
Vous ne devez pas exercer comme masseur-kinésithérapeute en France tant que vous n’avez pas obtenu le droit de le faire et tant que vous n’êtes pas inscrit à l’Ordre lorsque cette inscription est requise.
Cela vaut aussi pour :
Ces statuts ne sont pas de simples périodes d’observation. Ils impliquent des actes professionnels de masso-kinésithérapie.
En revanche, vous pouvez préparer votre projet :
L’autorisation d’exercice et l’inscription à l’Ordre sont nécessaires quel que soit votre mode d’exercice. Que vous souhaitiez travailler en centre de rééducation, en hôpital, en clinique, en maison de santé ou en cabinet libéral, vous devez d’abord avoir le droit d’exercer.
La différence apparaît ensuite :
Pour les professionnels étrangers non européens, la question du séjour doit aussi être anticipée. Selon Service-public.fr, la carte de séjour “entrepreneur/profession libérale” peut concerner un étranger souhaitant exercer en France une activité libérale de plus de trois mois, sous conditions.
Il faut donc distinguer deux sujets : avoir le droit d’exercer la kinésithérapie et avoir le droit de séjourner ou de travailler en France. L’un ne remplace pas automatiquement l’autre.

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L’intention inverse existe aussi : vous avez un diplôme français et vous souhaitez le faire reconnaître dans un autre pays. Dans ce cas, la démarche ne se fait pas auprès de la DREETS française pour exercer en France, mais auprès de l’organisme compétent du pays d’accueil.
Le principe est le même : chaque pays décide des règles applicables aux professions réglementées sur son territoire. Vous devrez souvent fournir :
Pour l’Union européenne, les réseaux ENIC-NARIC peuvent aider à identifier les démarches de reconnaissance académique, mais l’exercice d’une profession réglementée dépend toujours des autorités professionnelles du pays d’accueil. L’Ordre propose d’ailleurs des informations spécifiques pour les kinés souhaitant exercer ailleurs dans l’Union européenne ou en Suisse.
Si votre dossier donne lieu à une mesure compensatoire, il ne faut pas forcément l’interpréter comme un refus. Cela signifie que la commission estime qu’il existe des écarts à combler avant de vous autoriser à exercer en France.
Selon les cas, vous pourrez devoir :
Si la décision est défavorable, lisez attentivement le courrier reçu. Les décisions administratives mentionnent généralement les voies et délais de recours. Vous pouvez alors demander conseil à la DREETS, à un juriste, à un avocat ou à l’Ordre selon la nature du problème.
L’objectif est de comprendre si le refus vient :
Il faut prévoir plusieurs mois, parfois davantage. La durée dépend de la qualité du dossier, de la région, du calendrier des commissions, de la complexité du parcours et de l’éventuelle mesure compensatoire.
Le repère donné par la DREETS Occitanie est utile : un mois pour vérifier la complétude du dossier, puis quatre mois pour présenter le dossier complet en commission. Ce calendrier ne garantit pas une décision rapide dans tous les cas, mais il montre qu’il faut anticiper largement.
Pour un étudiant qui souhaite travailler en France dès la fin de ses études à l’étranger, la préparation doit commencer avant l’obtention du diplôme. Il faut demander les programmes détaillés, conserver les relevés de notes, faire signer les attestations de stage, vérifier les traductions et identifier la DREETS compétente.
Pour pouvoir exercer comme masseur-kinésithérapeute en France, il est nécessaire de faire valider votre diplôme étranger. Cette démarche passe par le dépôt d’une demande d’autorisation d’exercice auprès de la Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (DREETS) compétente.
Non. Un kinésithérapeute diplômé à l’étranger ne peut pas exercer librement en France sans reconnaissance préalable de ses qualifications. Pour travailler légalement comme masseur-kinésithérapeute, il doit généralement obtenir une autorisation d’exercice délivrée après examen de son dossier, puis s’inscrire au tableau de l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes.
Sans cette autorisation et sans inscription ordinale, l’exercice de la kinésithérapie en France peut être considéré comme un exercice illégal de la profession.
Il faut généralement fournir le diplôme, les relevés de notes, le programme détaillé, les attestations de stages, une traduction certifiée si nécessaire, une pièce d’identité, un CV et les documents prouvant que le diplôme permet d’exercer dans le pays d’origine.
Pour cela, vous devez déposer une demande d’autorisation d’exercice auprès de la DREETS de la région dans laquelle vous souhaitez travailler. Une commission examinera ensuite votre dossier. Elle pourra vous accorder directement l’autorisation ou vous demander de réaliser une mesure compensatoire, comme un stage d’adaptation ou une épreuve d’aptitude, si elle constate des écarts importants entre votre formation et les exigences françaises.
L’Universidad Europea propose un Grado en Fisioterapia, le diplôme universitaire espagnol permettant de se former à la kinésithérapie, sur plusieurs campus, notamment à Madrid, Valence et aux Canaries. D’après les informations publiées par l’université, les étudiants peuvent suivre certains parcours en présentiel, en espagnol, en français ou en anglais, selon le campus choisi.
Avant de vous inscrire, vérifiez toutefois deux points essentiels : le diplôme doit ouvrir un droit d’exercice en Espagne et vous devez pouvoir le présenter ensuite dans le cadre d’une demande d’autorisation d’exercice en France.
Avant de lancer votre demande, prenez donc le temps de vérifier les sources officielles, de réunir les bons documents et d’anticiper les délais. Votre parcours est-il suffisamment documenté pour convaincre la commission que vous pouvez exercer la kinésithérapie en France dans les mêmes conditions de sécurité qu’un diplômé français ?
28 avril 2025 - Études kiné