Rééducation d’un AVC aigu en 2023 : où en est-on ?
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Rééducation d’un AVC aigu en 2023 : où en est-on ?

Les patients ayant subi un Accident Vasculaire Cérébral (AVC) font partie de la patientèle type en neuro-rééducation. De plus en plus, ces patients sont susceptibles de faire leur rééducation en cabinet libéral, et pas forcément en centre de rééducation. D’où l’intérêt de faire le point aujourd’hui sur la prise en charge de la rééducation « moderne » d’un AVC, aiguë !

Les AVC en 2023

Dans un premier temps, il faut savoir qu’un AVC se produit lorsque l’approvisionnement en sang du cerveau est interrompu en raison d’un blocage ou d’une rupture d’un vaisseau sanguin. Les conséquences peuvent inclure :

  • des déficits moteurs, de la parole, de la vision et de la mémoire ;
  • des complications graves telles que la démence, l’incontinence et la dépression.

Les facteurs de risque pour les AVC incluent l’âge, l’hypertension artérielle, le tabagisme, le diabète, l’obésité, l’hypercholestérolémie et l’histoire familiale d’AVC. D’où l’intérêt d’encourager l’exercice physique régulier, notamment pour le contrôle du poids !

Les AVC sont la première cause de handicap dans le monde. Chaque année, environ 15 millions de personnes font un AVC dans le monde. Le nombre d’AVC augmente au fil du temps.

AVC en phase aiguë VS sub-aiguë VS chronique

En fonction du temps qui passe, l’AVC est classé en 3 phases :

  • phase aiguë. Elle dure quelques jours (généralement le temps de l’hospitalisation). Cette phase nécessite une intervention rapide pour minimiser les dommages et maximiser les chances de récupération ;
  • phase sub-aiguë. Ce sont les premières semaines après un AVC. Cette phase s’étale en général sur 3 à 6 mois. C’est là où les espoirs de récupération et les progrès sont les meilleurs ;
  • phase chronique. C’est la phase qui peut durer plusieurs mois ou années. Et qui peut inclure des problèmes persistants tels que la dépendance pour les activités de la vie quotidienne, la dépression, la fatigue et des problèmes de mémoire.

Les kinés interviennent durant ces 3 phases, mais on se focalise aujourd’hui sur la phase aiguë et sub-aiguë.

La rééducation des AVC aigu en libéral

Certains patients après un AVC n’ont pas de place en centre de rééducation, ou préfèrent rentrer directement chez eux. Ou n’ont simplement pas besoin de rééducation « intensive » et des aides proposées dans les soins de suite et réadaptation.

Dans ce cas-là, la prise en charge libérale est indiquée. D’autant plus, qu’un forfait a été instauré pour valoriser la prise en charge kiné à domicile (puis en cabinet) des patients atteints d’AVC. Il s’agit du forfait FRD : prise en charge rapide à domicile liée à un accident vasculaire cérébral.

Selon certaines modalités, ce forfait peut être facturé 100 euros. Il représente cependant souvent un investissement en temps et en énergie conséquent de la part des kinés.

Les professionnels de la rééducation en cabinet kiné libéral peuvent jouer un rôle important dans la récupération des patients atteints d’AVC en phase aiguë ou sub-aiguë.

Les thérapies en cabinet libéral peuvent inclure des exercices pour améliorer la force musculaire, la coordination et l’équilibre, ainsi que des thérapies de la parole et de la compréhension pour aider les patients à retrouver leur capacité à communiquer et à comprendre les informations (cela n’est pas réservé aux seuls orthophonistes !). Les thérapies peuvent également inclure des conseils sur l’adaptation à la vie à la maison et des stratégies pour gérer les séquelles de l’AVC.

Justement, nous allons voir quel type de prise en charge est plus recommandé !

Quel type de prise en charge pour la rééducation des AVC aigu ?

Un aspect de la rééducation post‐AVC qui pourrait avoir de l’importance est la quantité de temps passé en rééducation. Y sont compris les minutes dispensées en « one-to-one », la fréquence (les jours par semaine de rééducation) et la durée (la période de temps pendant laquelle la rééducation est dispensée).

Une revue systématique de la littérature conclue qu’une augmentation du temps passé dans le même type de rééducation après un AVC n’entraîne que peu ou pas de différence dans les activités significatives telles que les activités de la vie quotidienne et les activités des membres supérieurs et inférieurs. Mais un petit bénéfice dans les mesures de déficience motrice.

Une autre revue Cochrane s’est intéressée au type de rééducation plutôt qu’à la quantité. Voici ses conclusions, assez intéressantes et décomplexantes :

Aucune des approches de rééducation n’est plus (ou moins) efficace pour promouvoir la récupération fonctionnelle et la récupération de la mobilité après un AVC. Par conséquent, les preuves indiquent que la rééducation ne devrait pas se limiter à des approches cloisonnées identifiées par un nom, mais devraient plutôt se composer de traitements de rééducation clairement définis, bien décrits, basés sur des preuves indépendamment de leur origine historique ou philosophique.

Pour finir, voici une liste de ces approches rééducatives évaluées :

  • réentraînement aux tâches fonctionnelles,
  • interventions musculo‐squelettiques (actives) : renforcement musculaire, étirements actifs,
  • interventions musculo‐squelettiques (passives) : étirements passifs, mobilisation,
  • interventions neurophysiologiques : Bobath, Perfetti, thérapie miroire, etc.,
  • interventions cardio‐pulmonaires,
  • dispositifs ou modalités d’assistance.

Et vous, quelle est votre façon de prendre en charge en aiguë les patients après AVC ?

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