Fracture cheville, le sans appui est-il si justifié ? - Milo
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Rééducation

Fracture de cheville : le sans appui est-il si justifié ?

Les consignes post-opératoires après une fracture de la cheville peuvent être très différentes selon le chirurgien qui opère. Et ce, même si la fracture est identique. Et c’est d’ailleurs la même chose pour les ordonnances de rééducation après une fracture de la cheville non opérées.

Parfois, l’appui est totalement INTERDIT ! D’autres fois, l’appui est autorisé le jour même, mais cela varie en fonction des douleurs…

A-t-on des données à ce sujet qui permettraient d’informer mieux vos patients sur les bénéfices et risques de l’appui après leur fracture, indépendamment des « préférences » des équipes chirurgicales ?

Bonne nouvelle : OUI ! 😀 D’où cet article !

Petits rappels sur les fractures de la cheville

Il existe 4 grands types de fracture de la cheville, selon la localisation et les traits de la fracture :

  • la fracture de la malléole interne ou interne, ou fracture unimalléolaire. Une seule malléole est cassée ;
  • la fracture bimalléolaire ou double fracture : les deux malléoles sont cassées ;
  • la fracture trimalléolaire, ou triple fracture de cheville. La partie inférieure du tibia est aussi fracturée ;
  • la fracture complexe de cheville : les 2 malléoles sont cassées, en plus de l’extrémité inférieure du tibia et de la fibula (appelé anciennement péroné).

Et comme pour n’importe quel os, ces fractures de chevilles peuvent être : fermées ou ouvertes, comminutives ou non, déplacées ou non, etc.

Le traitement est conservateur ou chirurgical, en fonction de nombreux paramètres.

La plupart du temps, que les patients soient opérés ou non, immobilisés ou non, ils ont des séances de kiné prescrites. Souvent dans les premiers jours suivant la fracture de cheville ou après une période d’immobilisation par plâtre ou botte de marche.

Un constat : des prescriptions très différentes

Si le patient consulte après la radio de contrôle, lorsque la consolidation est en bonne voie, la question ne se pose pas. L’appui est autorisé dans l’immense majorité des cas. Soit en fonction de la douleur, soit en augmentant de manière théorique chaque semaine en fonction du poids de corps.

Mais lorsque les patients vous voient en kinésithérapie durant les premiers jours ou semaines suivant la fracture de cheville, il y a plus d’ambiguïtés sur la possibilité de l’appui ou non.

  • Parfois, les chirurgiens ou médecins ne marquent rien à ce sujet dans leur compte-rendu et l’ordonnance.
  • Parfois, il y a indiqué quelque chose comme « pas d’appui », sans qu’il soit précisé si l’appui contact est tout de même possible.
  • Parfois, il y a écrit « appui autorisé », même pour des fractures de cheville qui nous semblent très instables, et où l’appui est extrêmement douloureux.

D’où l’intérêt de prendre un peu de recul et de se demander : que sait-on vraiment des effets de l’appui après ce type de fracture de cheville ?

Y a-t-il des publications scientifiques spécifiquement sur la marche après fracture de cheville ?👩‍⚕️

Il existe effectivement des publications qui partent de ce constat. Les consignes concernant la marche et l’appui diffèrent beaucoup selon les patients, les équipes médicales.

Donc certaines équipes de recherche ont essayé de comparer l’évolution de patients avec des fractures et traitements similaires. Mais elles avaient des consignes différentes concernant l’appui et la marche.

Voyons justement les résultats de ces études. 🔎

Que sait-on du ratio bénéfice/risque de la remise en charge rapide ?

Les résultats de ces études ne sont pas homogènes.

Certaines concluent qu’il y a plus de complications pour les gens avec appui (surtout en cas d’opération). D’autres qu’il n’y a pas de différences sur ce point. D’autres concluent que ceux qui ont eu l’appui tout de suite récupèrent mieux et plus vite.

Un point cependant de convergence. Plus on s’éloigne de la date de la facture, plus finalement le taux de complication et de guérison. Quelque soit le type d’appui autorisé/appliqué !

Conclusion : comment guider la rééducation sur cette base ?

Sur la base de ces informations, voici au moins 3 attitudes possibles concernant la guidance de la reprise d’appui.

  1. Suivre scrupuleusement les consignes de l’équipe chirurgicale ou médicale : comme il ne semble pas y avoir de toute façon d’impact à long terme, autant se ranger à ce premier niveau de recommandation. Cela sera sans doute plus cohérent pour vos patients.
  2. Présenter ces informations de manière adaptée aux patients : demandez leur par rapport à leur propre vision des choses : comment ils souhaitent composer avec cela. Est-ce que cela leur semble plus pertinent dans son cas de reprendre plus vite l’appui. Ou préfèrent-ils jouer la carte de la prudence.
  3. Trancher à la place de vos patients ou de leurs entourages sur la bonne conduite à adopter dans son cas. Dans certains cas, cette option peut s’imposer. Notamment chez les personnes avec des troubles cognitifs importants et sans entourage très présent.

Et vous, quelle est votre manière de composer face à des prescriptions d’appui ou non appui parfois très différentes suite aux fractures de la cheville ?

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