Maladies inflammatoires en rhumatologie
17 janvier 2023 - Pathologies
Quels muscles permettent de marcher, de courir, de stabiliser le bassin ou de produire la propulsion ? Les muscles du membre inférieur interviennent à chaque étape du mouvement, de la hanche jusqu’aux orteils. Pour le masseur-kinésithérapeute, les connaître ne consiste pas seulement à mémoriser leur anatomie. Il faut aussi comprendre comment ils travaillent ensemble, comment ils compensent et ce que leur déficit peut réellement modifier dans la fonction. Cet article propose une lecture claire et clinique des principaux muscles du membre inférieur, de leur organisation et des repères utiles pour les évaluer en cabinet.
Le membre inférieur comprend la région glutéale, la hanche, la cuisse, le genou, la jambe, la cheville et le pied.
En anatomie, le terme jambe désigne uniquement le segment compris entre le genou et la cheville. Contrairement à son utilisation dans le langage courant, il ne correspond donc pas à l’ensemble du membre inférieur.
Les muscles peuvent être classés selon leur localisation, leur fonction, leur innervation ou leur appartenance à une loge anatomique. Cette dernière classification permet de comprendre leurs rapports avec les fascias, les nerfs et les vaisseaux.
On distingue principalement :
Cette organisation ne signifie pas que chaque muscle fonctionne de manière isolée. Son action dépend de la position articulaire, du segment fixé et de la tâche réalisée.
Le moyen glutéal produit, par exemple, une abduction lorsque le fémur est libre. En appui unipodal, il participe surtout au contrôle du bassin dans le plan frontal. De la même manière, le soléaire réalise une flexion plantaire lorsque le pied est libre, mais contrôle principalement l’avancée du tibia lorsque le pied est en appui.
L’anatomie décrit donc les possibilités d’action d’un muscle. L’analyse fonctionnelle montre comment ces possibilités sont utilisées dans une situation réelle.
La hanche constitue une zone de transition majeure entre le tronc et le membre inférieur. Sa musculature doit autoriser une mobilité importante tout en stabilisant la tête fémorale et le bassin.
L’ilio-psoas associe principalement le grand psoas et le muscle iliaque. Leurs origines sont différentes, mais leurs fibres convergent vers un tendon commun qui se termine sur le petit trochanter.
L’iliaque prend naissance dans la fosse iliaque. Le grand psoas entretient des rapports étroits avec le rachis lombaire. Cette organisation en fait un muscle charnière entre le rachis, le bassin et le membre inférieur.
Son action la plus connue est la flexion de hanche. Il contribue notamment à l’avancée du membre au début de la phase oscillante de la marche. Lorsque le fémur est fixé, il peut également participer au contrôle de la position du bassin.
Une douleur antérieure de hanche ne doit cependant pas être automatiquement attribuée à un « psoas trop tendu ». Une douleur reproduite pendant une flexion résistée constitue un élément du bilan, mais elle ne permet pas à elle seule d’identifier précisément la structure responsable.
Le grand glutéal, ou grand fessier, est le muscle superficiel le plus volumineux de la région postérieure de la hanche.
Il participe principalement à l’extension de hanche et à la rotation latérale du fémur. Il contribue également à la stabilité du bassin et du tronc, notamment par ses rapports avec le fascia lata.
Son recrutement devient particulièrement important lorsqu’il faut :
Pendant la marche, son activité est notamment marquée autour de la mise en charge. Il contribue alors au contrôle de la flexion de hanche et à la stabilisation lombo-pelvienne.
Une faible participation apparente pendant un exercice ne démontre toutefois pas automatiquement une perte de force. La douleur, l’appréhension, la mobilité disponible et la stratégie motrice peuvent modifier le recrutement.
Le moyen glutéal et le petit glutéal sont généralement décrits comme des abducteurs de hanche. Leur rôle fonctionnel apparaît surtout lors de l’appui sur un seul membre.
Ils s’opposent alors au moment d’adduction créé par le poids du corps et participent au contrôle du bassin dans le plan frontal.
Une diminution de leurs capacités peut contribuer à une chute du bassin controlatéral. Cette observation n’est cependant pas spécifique. Une douleur de hanche, une inclinaison du tronc, une modification de la vitesse ou certaines caractéristiques morphologiques peuvent produire une présentation comparable.
Les différentes portions du moyen glutéal ne possèdent pas exactement la même orientation. Leur participation aux rotations varie donc selon la position du fémur.
Les exercices d’abduction en décubitus latéral peuvent être utiles, mais ils ne représentent qu’une possibilité. Les exercices en appui, les déplacements latéraux, la montée de marche et les changements de direction replacent ces muscles dans un contexte plus fonctionnel.
En pratique au cabinet
Face à une chute du bassin pendant un appui unipodal, comparez la force des abducteurs, mais observez aussi la douleur, l’inclinaison du tronc, la mobilité de hanche et la stratégie globale du patient. Le signe de Trendelenburg ne suffit pas à expliquer le mécanisme.
Les muscles pelvi-trochantériens comprennent principalement le piriforme, les obturateurs interne et externe, les jumeaux supérieur et inférieur et le carré fémoral.
Ils sont classiquement décrits comme des rotateurs latéraux de hanche. Leur fonction évolue cependant avec la position articulaire, notamment lorsque la hanche est fléchie.
Par leur proximité avec l’articulation coxo-fémorale, ils participent également au centrage et à la stabilité de la tête fémorale.
Une sensibilité à la palpation de la région glutéale profonde ne permet donc pas d’attribuer systématiquement les symptômes au piriforme. Le bilan doit également intégrer le rachis lombaire, les structures péri-trochantériennes et les éventuels signes neurologiques.
Le tenseur du fascia lata participe à la flexion, à l’abduction et à la rotation médiale de hanche. Il se prolonge dans le tractus ilio-tibial et contribue au contrôle latéral du membre inférieur.
Le tractus ilio-tibial n’est pas un muscle. Il s’agit d’un épaississement du fascia lata recevant notamment des fibres du tenseur du fascia lata et du grand glutéal.
Il est donc réducteur de le présenter comme une bande simplement « trop courte » qu’il suffirait d’étirer. Ses propriétés mécaniques dépendent de sa structure fasciale, de la position du membre et de l’activité des muscles qui s’y insèrent.
Les muscles de la cuisse sont répartis en trois grandes loges : antérieure, médiale et postérieure. Cette organisation permet de comprendre leurs actions autour de la hanche et du genou ainsi que leurs rapports anatomiques.
Le quadriceps est constitué de quatre chefs :
Ces quatre muscles convergent vers le tendon quadricipital, la patella puis le ligament patellaire, qui rejoint la tubérosité tibiale.
Leur fonction commune est l’extension du genou. Le droit fémoral traverse également la hanche et contribue à sa flexion.
En chaîne fermée, le quadriceps ne se contente pas de tendre le genou. Il contrôle de manière excentrique sa flexion pendant la mise en charge, la descente d’un escalier, un squat ou une réception. Il produit ensuite l’extension nécessaire au redressement.
Après une chirurgie, un traumatisme ou un épanchement du genou, la diminution de force peut résulter d’une perte de masse musculaire, mais aussi de la douleur, de l’appréhension ou d’une inhibition du recrutement.
Le vaste médial est parfois ciblé de manière isolée dans les douleurs fémoro-patellaires. Il appartient pourtant à un appareil extenseur coordonné. L’objectif est généralement de restaurer les capacités globales du quadriceps dans les amplitudes utiles au patient plutôt que de rechercher un exercice parfaitement sélectif.
Le sartorius s’étend de l’épine iliaque antéro-supérieure à la face médiale du tibia. Il rejoint le gracile et le semi-tendineux au niveau de la patte d’oie et participe notamment à la flexion de la hanche et du genou.
En pratique au cabinet :
Chez un patient en difficulté dans la descente des escaliers, ne mesurez pas uniquement l’extension isométrique du genou. Observez aussi le contrôle excentrique, la profondeur de flexion, la vitesse de descente, la douleur et l’utilisation éventuelle des membres supérieurs.
La loge médiale comprend principalement le pectiné, le long adducteur, le court adducteur, le grand adducteur, le gracile et l’obturateur externe.
Leur fonction la plus connue est l’adduction de hanche. Leur action est pourtant plus complexe. Selon l’orientation des fibres et la position articulaire, certains faisceaux peuvent participer à la flexion, à l’extension ou aux rotations.
Le grand adducteur possède notamment une architecture qui lui permet de contribuer fortement à l’extension de hanche dans certaines positions.
En appui, les adducteurs participent au contrôle du bassin et du fémur. Ils sont particulièrement sollicités pendant les changements de direction, les déplacements latéraux, les accélérations et les frappes.
Le gracile traverse la hanche et le genou. Il contribue à l’adduction de hanche ainsi qu’à la flexion et à la rotation médiale du genou fléchi.
Face à une douleur de l’aine, la prise en charge ne devrait donc pas se limiter à l’étirement. Il est également pertinent d’évaluer la force, la tolérance au travail en position longue et les contraintes liées à l’activité du patient.
Les ischio-jambiers comprennent le semi-tendineux, le semi-membraneux et le biceps fémoral.
Le semi-tendineux, le semi-membraneux et le chef long du biceps fémoral prennent naissance sur la tubérosité ischiatique et traversent la hanche et le genou. Le chef court du biceps fémoral ne traverse que le genou.
Les ischio-jambiers participent à la flexion du genou. Les chefs biarticulaires contribuent également à l’extension de hanche.
Le biceps fémoral participe à la rotation latérale du genou fléchi. Le semi-tendineux et le semi-membraneux contribuent à sa rotation médiale.
Pendant la course, leur fonction évolue au cours du cycle. En fin de phase oscillante, ils participent au freinage du segment jambier. Après la prise d’appui, ils contribuent à l’extension de hanche et à la stabilité du membre.
Chez le sportif, leur évaluation ne devrait donc pas se limiter à une flexion résistée du genou. La force à différentes longueurs musculaires, la capacité excentrique et la tolérance aux efforts rapides et répétés doivent également être explorées.
La jambe est organisée en trois loges : antérieure, latérale et postérieure. La loge postérieure comprend elle-même un plan superficiel et un plan profond.
Les tendons de ces muscles franchissent la cheville pour agir sur le pied et les orteils. Leur trajet autour des malléoles influence leurs actions.
La loge antérieure comprend principalement le tibial antérieur, le long extenseur des orteils, le long extenseur de l’hallux et le troisième fibulaire.
Le tibial antérieur est un fléchisseur dorsal majeur de la cheville. Il participe également à l’inversion du pied.
Pendant la phase oscillante de la marche, il contribue au dégagement des orteils. Après le contact initial du talon, il travaille de manière excentrique pour contrôler l’abaissement de l’avant-pied.
Une faiblesse importante des releveurs peut provoquer un steppage, une augmentation compensatoire de la flexion du genou ou de la hanche et une pose moins contrôlée du pied. Un déficit net doit aussi faire rechercher une éventuelle origine neurologique.
La loge latérale contient le long et le court fibulaire, anciennement appelés muscles péroniers.
Ils participent à l’éversion du pied, assistent la flexion plantaire et contribuent à la stabilité latérale de la cheville.
Le tendon du long fibulaire passe sous le pied avant de rejoindre la région du premier rayon. Cette trajectoire lui permet de participer au contrôle transversal du pied et à la stabilité de l’avant-pied.
Après une entorse latérale de cheville, leur force analytique ne représente qu’une dimension du bilan. La mobilité, l’équilibre, le contrôle sensorimoteur et la reprise progressive des changements d’appui doivent également être évalués.
Les recommandations de la Haute Autorité de santé publiées en mai 2025 placent la rééducation en première intention après une entorse du ligament collatéral latéral et recommandent une prise en charge personnalisée, rapidement mise en place et régulièrement réévaluée.
Le plan superficiel comprend le triceps sural, constitué des deux chefs du gastrocnémien et du soléaire. Leurs fibres convergent vers le tendon calcanéen, couramment appelé tendon d’Achille.
Le gastrocnémien traverse le genou et la cheville. Il participe à la flexion plantaire et peut contribuer à la flexion du genou. Le soléaire ne traverse pas le genou.
Pendant la marche, le triceps sural contrôle d’abord l’avancée du tibia au-dessus du pied. Le complexe musculotendineux participe ensuite au stockage et à la restitution d’énergie pendant la fin de l’appui.
Une diminution des capacités du mollet peut se traduire par une propulsion réduite, une baisse de la vitesse de marche ou une modification de la longueur du pas.
L’élévation unipodale du talon constitue un test fonctionnel intéressant. Le nombre de répétitions ne devrait toutefois pas être le seul critère observé. La hauteur atteinte, l’amplitude, le rythme, le contrôle du calcanéus et les compensations apportent également des informations.
À observer pendant le heel-rise
Une série de répétitions peut sembler satisfaisante alors que la hauteur du talon diminue progressivement. Cette perte d’amplitude peut révéler une fatigabilité que le simple comptage ne montre pas.
Le plan profond comprend principalement le tibial postérieur, le long fléchisseur des orteils, le long fléchisseur de l’hallux et le poplité.
Le tibial postérieur participe à l’inversion, à la flexion plantaire et au contrôle actif de l’arche médiale. Une modification de la voûte plantaire ne suffit toutefois pas à diagnostiquer une insuffisance de ce muscle ou de son tendon.
Le long fléchisseur de l’hallux intervient dans le contrôle du gros orteil et la transmission des forces pendant la propulsion. Le long fléchisseur des orteils agit sur les quatre derniers orteils.
Le poplité, situé à la face postérieure du genou, participe notamment au contrôle rotatoire du genou.
Les muscles intrinsèques prennent naissance et se terminent dans le pied. Ils se distinguent des muscles extrinsèques, dont les corps musculaires sont situés dans la jambe.
La musculature plantaire comprend notamment :
Ces muscles contribuent au contrôle des orteils, à la stabilité des articulations et à l’adaptation des arches plantaires.
Le pied ne doit pas être considéré comme une structure rigide qu’il faudrait maintenir en permanence dans une position idéale. Pendant l’appui, il doit pouvoir se déformer afin d’absorber les contraintes et de s’adapter au sol. Il doit ensuite devenir suffisamment stable pour transmettre les forces pendant la propulsion.
L’activité de la musculature intrinsèque varie selon la charge, la vitesse, la surface et la tâche réalisée. Son évaluation ne devrait donc pas se limiter à demander au patient d’agripper une serviette ou de réaliser un « pied court ».
L’appui unipodal, la montée sur la pointe du pied, le squat ou la marche rapide permettent notamment d’observer :
Les ressources universitaires consacrées au pied associent son étude musculaire à celle de ses appuis, de ses capacités de déformation et de l’aponévrose plantaire.
| Groupe musculaire | Fonction dominante | Observation fonctionnelle | Évaluation possible | Limite d’interprétation |
|---|---|---|---|---|
| Moyen glutéal | Contrôle frontal du bassin | Appui unipodal, step-down | Abduction isométrique ou dynamométrie | La chute du bassin n’est pas spécifique |
| Grand glutéal | Extension de hanche | Assis-debout, montée de marche | Extension de hanche résistée | Le tronc peut compenser |
| Quadriceps | Extension et freinage du genou | Squat, escalier, assis-debout | Extension isométrique, sit-to-stand | La douleur et l’épanchement inhibent la force |
| Adducteurs | Contrôle frontal et adduction | Changement de direction | Adduction isométrique | Une douleur à l’aine peut avoir plusieurs origines |
| Ischio-jambiers | Flexion du genou et extension de hanche | Course, pont, freinage | Flexion résistée à plusieurs angles | La position du test modifie fortement le résultat |
| Tibial antérieur | Flexion dorsale | Marche sur les talons, phase oscillante | Flexion dorsale résistée | Rechercher une origine neurologique si déficit important |
| Fibulaires | Éversion et stabilité latérale | Équilibre, changement d’appui | Éversion résistée | La force seule ne résume pas la stabilité |
| Triceps sural | Contrôle tibial et propulsion | Marche, course, heel-rise | Élévation unipodale du talon | Observer la hauteur, pas seulement le nombre |
| Muscles intrinsèques | Contrôle digital et adaptation du pied | Appui unipodal, propulsion | Contrôle de l’hallux et du pied | La forme statique du pied ne suffit pas |
La marche illustre l’importance d’une action coordonnée des muscles du membre inférieur.
Au contact initial, les releveurs maintiennent le pied en position. Le grand glutéal et les ischio-jambiers participent au contrôle de la hanche.
Pendant la mise en charge, le quadriceps contrôle la flexion du genou. Les abducteurs stabilisent le bassin et le tibial antérieur freine l’abaissement de l’avant-pied.
En milieu d’appui, le soléaire contrôle l’avancée du tibia. Les muscles de la hanche participent au maintien du bassin et à l’orientation du fémur. Le pied se déforme pour s’adapter au sol.
En fin d’appui, le triceps sural, le tendon calcanéen, les fléchisseurs de l’hallux et les muscles intrinsèques contribuent à la propulsion.
Pendant la phase oscillante, les fléchisseurs de hanche avancent la cuisse, la flexion du genou raccourcit fonctionnellement le membre et les releveurs assurent le dégagement du pied.
Une modification observée pendant la marche ne désigne donc pas automatiquement le muscle à traiter. Une limitation de flexion dorsale peut, par exemple, être compensée par un décollement précoce du talon, une rotation du membre ou une modification de la longueur du pas.
L’évaluation doit toujours être mise en relation avec la plainte et les objectifs du patient.
Une sensation de faiblesse peut correspondre à une diminution de force maximale, un manque d’endurance, une inhibition liée à la douleur, une appréhension ou une difficulté de coordination.
Le BDK commence idéalement par une tâche proche de la difficulté rapportée :
Les tests analytiques permettent ensuite de préciser les hypothèses. Ils peuvent porter sur la force isométrique, la force dynamique, l’endurance, les amplitudes articulaires, la capacité excentrique ou le contrôle sensorimoteur.
Lorsque cela est possible, la dynamométrie complète utilement le testing manuel. Les conditions de mesure doivent toutefois être reproductibles : position du patient, bras de levier, consigne et nombre d’essais.
La comparaison entre les deux membres est utile, mais le côté controlatéral ne constitue pas toujours une référence parfaite. Il peut lui aussi avoir perdu des capacités après une diminution générale de l’activité.
Le bilan diagnostic kinésithérapique doit relier les déficiences observées aux limitations d’activité, aux objectifs de soins et aux choix thérapeutiques. L’Assurance Maladie rappelle que ce bilan comprend le diagnostic kinésithérapique ainsi que les objectifs et les techniques jugées appropriées.
Le renforcement ne doit pas reposer sur une opposition systématique entre exercices analytiques et exercices fonctionnels.
Le travail analytique peut être utile lorsque le patient ne dispose pas encore de la force, de la mobilité ou de la confiance nécessaires pour réaliser une tâche complète.
La progression peut ensuite intégrer :
Pour une difficulté à descendre un escalier, le programme peut associer le travail excentrique du quadriceps, le renforcement des extenseurs de hanche, la mobilité de cheville et le contrôle du bassin.
Face à une diminution de propulsion, il peut être pertinent d’explorer le triceps sural, la mobilité de cheville, le contrôle du pied et la capacité d’extension de hanche.
Après une entorse de cheville, le travail des fibulaires gagne à être associé à des exercices d’équilibre, de contrôle sensorimoteur et de reprise progressive des changements d’appui. La HAS recommande une rééducation individualisée et régulièrement adaptée aux évaluations et aux objectifs du patient.
La progression dépend alors de plusieurs paramètres : charge, amplitude, volume, vitesse, récupération, complexité et spécificité de la tâche.
Les muscles du membre inférieur forment un système coordonné. Les muscles de la hanche stabilisent le bassin et orientent le fémur. Le quadriceps et les ischio-jambiers contrôlent les interactions entre la hanche et le genou. Les muscles de la jambe modulent l’avancée du tibia, la cheville et la propulsion. Les muscles intrinsèques du pied adaptent les appuis.
La connaissance des insertions, des orientations et des actions musculaires reste indispensable. Mais elle ne prend tout son sens que lorsqu’elle est confrontée à la tâche, aux contraintes et aux objectifs de chaque patient.
L’anatomie permet de formuler des hypothèses. Le bilan clinique aide à les tester. La réévaluation indique ensuite si le programme choisi améliore réellement les capacités et la fonction.
Dès lors, plutôt que de rechercher systématiquement le muscle « responsable », la question la plus utile ne serait-elle pas de comprendre comment chaque patient organise l’ensemble de son membre inférieur pour répondre aux contraintes qui comptent réellement pour lui ?