Kinés libéraux : réforme URSSAF et nouvelles cotisations sociales libérales dès 2026

Kinés libéraux : réforme URSSAF et nouvelles cotisations sociales dès 2026

Depuis le printemps 2026, les kinés libéraux découvrent les effets de la réforme de leurs cotisations sociales. Nouvelle assiette, nouveaux barèmes et harmonisation des bases de calcul : cette évolution vise à rendre un système longtemps jugé complexe plus lisible. La réforme s’applique aux cotisations dues sur les revenus professionnels de 2025. Après la déclaration de ces revenus au printemps 2026, l’Urssaf et la CARPIMKO ont commencé à recalculer les cotisations définitives de 2025 ainsi que les cotisations provisionnelles de 2026. En juillet 2026, de nombreux kinés ont donc déjà reçu leur régularisation ou leur nouvel échéancier. Pour d’autres, le recalcul peut encore être en cours. Mais concrètement, qu’est-ce qui a changé pour vous, kiné libéral ?

Qu’est-ce qu’une assiette sociale ?

L’assiette sociale est la base de calcul retenue par l’URSSAF pour déterminer vos cotisations sociales : maladie, allocations familiales, retraite, CSG/CRDS… Concrètement, il ne s’agit pas de votre chiffre d’affaires brut. Le calcul part des revenus tirés de votre activité professionnelle, après prise en compte de vos recettes et de vos charges.

Avant la réforme, plusieurs retraitements étaient nécessaires pour déterminer les différentes assiettes sociales. La base utilisée pour calculer les cotisations n’était notamment pas la même que celle retenue pour la CSG-CRDS.

Par exemple :

  • Recettes professionnelles : 90 000 €
  • Charges professionnelles hors cotisations sociales : 35 000 €
  • Cotisations sociales versées : 10 000 €
  • Bénéfice fiscal : 45 000 €

Dans l’ancien système, des cotisations sociales étaient déduites pour obtenir le bénéfice fiscal, puis partiellement réintégrées pour déterminer certaines bases sociales.

Résultat : l’assiette sociale pouvait différer du bénéfice imposable et restait difficile à anticiper.

💡 Depuis la réforme, le calcul repose sur une assiette sociale harmonisée, obtenue après l’application d’un abattement forfaitaire de 26 %.

Pourquoi fallait-il réformer l’assiette et les barèmes des cotisations sociales ?

Jusqu’à présent, les kinés libéraux devaient jongler avec deux bases de calcul différentes :

  • une assiette pour les cotisations sociales ;
  • une assiette généralement plus large pour la CSG-CRDS ;
  • des règles de réintégration et de déduction difficiles à suivre.

Résultat : un système jugé opaque, complexe et inéquitable, où il était difficile de savoir exactement sur quoi vous cotisiez.

La réforme vient mettre de l’ordre avec quatre objectifs clairs :

  • 1️⃣ Simplifier le calcul grâce à une assiette sociale de référence commune..
  • 2️⃣ Améliorer la lisibilité des cotisations et des échéanciers.
  • 3️⃣ Renforcer les droits sociaux en augmentant la part des prélèvements affectée aux cotisations contributives, notamment à la retraite.
  • 4️⃣ Rééquilibrer les prélèvements entre la CSG-CRDS et les cotisations génératrices de droits.

Attention : l’objectif de neutralité financière annoncé pour la réforme doit être apprécié globalement. Il ne signifie pas que chaque kiné paiera exactement le même montant qu’avant.

Selon le revenu, les charges, le niveau des cotisations antérieures et la situation conventionnelle, le total à payer peut augmenter, diminuer ou rester relativement stable.

Comment vos cotisations sociales libérales étaient-elles calculées avant la réforme de 2026 ?

Avant l’application de la nouvelle assiette, les cotisations et contributions sociales n’étaient pas toutes calculées sur la même base.

  • Les cotisations sociales étaient calculées à partir du revenu professionnel fiscal, avec différents retraitements. Les cotisations sociales obligatoires étant déduites du bénéfice imposable, il fallait notamment les réintégrer ou les retraiter pour reconstituer certaines bases de calcul.
  • L’assiette de la CSG-CRDS était généralement plus large. Elle comprenait le revenu professionnel auquel étaient réintégrées certaines cotisations sociales obligatoires. Un même revenu pouvait donc donner lieu à deux calculs différents, ce qui compliquait :
    • la lecture des appels de cotisations ;
    • l’anticipation de la trésorerie ;
    • la comparaison entre le bénéfice fiscal et le revenu réellement soumis aux prélèvements sociaux.

Comment vos cotisations sociales sont-elles calculées depuis cette réforme de 2026 ?

Depuis 2026, vos cotisations sont calculées sur une assiette unique. Le calcul suivra 3 étapes simples :

  1. Déterminer le revenu professionnel avant déduction des cotisations et contributions sociales personnelles.
  2. Appliquer à ce revenu un abattement forfaitaire de 26 %.
  3. Utiliser le résultat comme nouvelle assiette sociale pour les cotisations et contributions concernées.

Cet abattement est encadré par la loi :

  • Plancher : 1,76 % du PASS (soit environ, 820 € en 2025).
  • Plafond : 130 % du PASS (soit approximativement 60 400 € en 2025).

Schéma rapide du calcul des cotisations sociales après la réforme

Recettes – Charges hors cotisations sociales = Revenu avant cotisations sociales

– 26 % d’abattement

= Assiette sociale unique

Calcul des cotisations sociales, de la CSG-CRDS et des cotisations de retraite

L’abattement de 26 % remplace ainsi la prise en compte au réel des cotisations sociales dans la construction de l’assiette.

Il est toutefois encadré :

  • il ne peut pas être inférieur à 1,76 % du PASS ;
  • il ne peut pas être supérieur à 130 % du PASS.

Le PASS 2026 est fixé à 48 060 €. Pour les calculs faisant référence aux valeurs 2026, cela représente :

  • un abattement minimal d’environ 846 € ;
  • un abattement maximal de 62 478 €.

Le plafond applicable dépend toutefois de l’année au titre de laquelle les cotisations sont calculées. Pour la régularisation des cotisations 2025, les valeurs du PASS 2025 peuvent donc être utilisées selon la cotisation concernée.

Exemple simplifié

Prenons un kiné qui réalise :

  • 100 000 € de recettes ;
  • 45 000 € de charges professionnelles hors cotisations sociales.

Son revenu avant cotisations sociales est de : 100 000 € – 45 000 € = 55 000 €

L’abattement forfaitaire de 26 % représente : 55 000 € × 26 % = 14 300 €

La nouvelle assiette sociale serait donc, dans cet exemple simplifié : 55 000 € – 14 300 € = 40 700 €

Cet exemple reste pédagogique. Certains éléments fiscaux ou sociaux propres à votre situation peuvent modifier le montant finalement transmis par l’administration.

Quand la réforme et les régularisations ont-elles été appliquées ?

La réforme s’applique aux cotisations dues au titre des revenus professionnels de 2025. Elle est devenue concrète au printemps 2026, après leur déclaration.

L’Urssaf a alors recalculé les cotisations définitives de 2025 et ajusté les cotisations provisionnelles de 2026. La CARPIMKO a également commencé à établir ses régularisations et ses nouveaux appels de cotisations à partir de mai 2026.

En juillet 2026, de nombreux kinés ont donc déjà reçu :

  • leur régularisation définitive pour 2025 ;
  • leur nouvel échéancier pour 2026 ;
  • un complément à payer, une baisse des prochaines échéances ou un remboursement en cas de trop-versé.

Pour certains dossiers, le calcul peut encore être en cours, notamment en cas de déclaration tardive, rectificative ou transmise par un expert-comptable.

‼️ Point de vigilance : vérifiez les revenus retenus, le montant régularisé et les nouvelles échéances afin d’en mesurer l’impact sur la trésorerie de votre cabinet.

Quels sont les nouveaux taux de cotisations sociales pour les kinés ?

Le changement d’assiette s’accompagne d’une évolution de plusieurs barèmes en 2026.

CotisationTaux ou montant en 2026Précisions
Assurance maladie-maternitéJusqu’à 8,5 %Le taux est progressif selon le revenu. Pour les kinés conventionnés relevant du régime PAMC, une partie de la cotisation est prise en charge par l’Assurance maladie. Le taux réellement supporté n’est donc pas systématiquement de 8,5 %.
Retraite de base – première tranche8,73 %Taux appliqué dans la limite d’un PASS, soit 48 060 € en 2026.
Retraite de base – seconde cotisation1,87 %Taux appliqué sur l’ensemble de l’assiette, dans la limite de cinq PASS, soit 240 300 €. Les deux cotisations se cumulent sur la première tranche.
Retraite complémentaire CARPIMKO8,70 %Taux appliqué sur une assiette comprise entre 0,5 PASS et 3 PASS. La cotisation est comprise entre environ 2 091 € et 12 544 € en 2026.
Avantage social vieillesse – ASV forfaitaire671 €224 € sont à la charge du kiné et 447 € sont pris en charge par l’Assurance maladie. Une cotisation proportionnelle s’ajoute selon les revenus conventionnés.
Invalidité-décès1 022 €Cotisation forfaitaire annuelle versée à la CARPIMKO.

💡 À retenir : le taux affiché ne correspond pas toujours au montant réellement payé. Celui-ci dépend notamment du revenu, de l’assiette sociale et de la prise en charge de certaines cotisations par l’Assurance maladie.

Quels sont les impacts de la réforme des cotisations sociales selon vos revenus ?

L’effet de la réforme ne sera pas le même pour tous les kinés. Le principe reste une neutralité globale (pas d’augmentation massive des prélèvements), mais la répartition entre CSG/CRDS et cotisations retraites change.

  • Revenus inférieurs à 30 000 € : l’impact financier sera très limité. Les cotisations resteront proches du niveau actuel, mais le système sera plus simple et plus lisible. Pour ces revenus modestes, la réforme n’entraîne pas de hausse significative, mais permet de mieux comprendre sur quelle base on cotise.
  • Revenus moyens (entre 40 000 € et 60 000 €) : dans cette tranche, on observe une légère hausse des cotisations retraite, compensée par une baisse de la CSG/CRDS. Au final, le montant total des cotisations reste globalement stable, mais la part qui compte pour vos droits sociaux (trimestres et points de retraite) augmente.
  • Revenus élevés (au-delà de 80 000 €) : les kinés qui gagnent beaucoup contribueront davantage, car ils verseront une part plus grande de leurs cotisations à la retraite.
    Cela représente un coût immédiat plus important, mais avec un bénéfice direct : une meilleure valorisation des trimestres et des points, donc une retraite future plus solide.

💡 Ces tendances restent indicatives. Pour connaître l’impact réel, vérifiez votre régularisation et votre nouvel échéancier.

La réforme permet-elle réellement d’obtenir davantage de droits à la retraite ?

L’un des objectifs de la réforme est de réorienter une partie des prélèvements sociaux vers des cotisations contributives.

Contrairement à la CSG-CRDS, qui finance globalement la protection sociale sans ouvrir directement de droits individuels à la retraite, les cotisations vieillesse participent à l’acquisition de droits.

La hausse de la part consacrée à la retraite peut donc permettre :

  • d’acquérir davantage de points ;
  • de mieux valoriser certaines périodes d’activité ;
  • et, selon les revenus et les règles du régime, d’améliorer les droits futurs.

Cela ne signifie toutefois pas que chaque hausse de cotisations conduira automatiquement à une hausse équivalente de la pension. Les droits acquis dépendent des règles des différents régimes, des plafonds et de l’ensemble de la carrière professionnelle.

Comment réagir après avoir reçu son nouvel échéancier ?

La réforme étant désormais appliquée, l’enjeu n’est plus seulement de se préparer. Il faut vérifier les calculs reçus et adapter sa trésorerie.

1. Contrôler les revenus déclarés

Vérifiez que le revenu professionnel 2025 retenu correspond bien aux données transmises dans votre déclaration.

2. Comparer les cotisations versées et les cotisations définitives

Identifiez la part du montant demandé qui correspond :

  • à la régularisation de 2025 ;
  • aux cotisations provisionnelles de 2026 ;
  • aux nouvelles règles d’assiette ;
  • et aux évolutions de taux.

3. Vérifier les échéances restantes

Un solde important peut être réparti sur les prochaines échéances. Il est donc essentiel de mesurer son impact sur la trésorerie mensuelle du cabinet.

4. Signaler rapidement une anomalie

En cas de revenu erroné, de déclaration rectificative non prise en compte ou de montant manifestement incohérent, contactez l’organisme concerné depuis votre espace personnel.

5. Demander un délai en cas de difficulté

Si la régularisation entraîne des difficultés de paiement, des solutions peuvent être demandées auprès de l’Urssaf ou de la CARPIMKO.

La CARPIMKO précise notamment qu’une demande de délai de paiement doit être effectuée depuis l’espace personnel.

Comment éviter les mauvaises surprises ?

Avec la réforme de l’assiette sociale et l’évolution simultanée des barèmes, il peut être difficile de distinguer :

  • l’effet réel de la réforme ;
  • l’effet d’une augmentation du revenu ;
  • l’effet d’acomptes insuffisants ;
  • et l’effet des nouveaux taux de retraite.

C’est précisément la mission d’Horizon Compta Expert :

  • des experts capables de vérifier votre nouvel échéancier et d’identifier les éventuelles incohérences.
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Que faut-il retenir de cette réforme ?

ThèmeAvant 2026Nouvelles règles de 2026Impact kinés
Assiette socialeURSSAF ≠ CSG/CRDSRevenu avant cotisations sociales diminué d’un abattement de 26 %Calcul plus harmonisé
Abattement
URSSAF (calcul)
Revenu – cotisations déductiblesAbattement forfaitaire encadréCalcul plus prévisible
CSG/CRDSAssiette généralement plus largeAssiette rapprochée de celle des cotisationsFin d’une partie du décalage
Assurance maladie≈ 6,5 % (prof. rég.)Barème progressif pouvant atteindre 8,5 % jusqu’à 3 PASSEffet variable selon le revenu et le régime PAMC
Retraite de base, première tranche8,23 %8,73 % jusqu’à 1 PASSCotisation plus contributive
Retraite de base, seconde cotisation1,87 % (≤ 5 PASS)1,87 % jusqu’à 5 PASSTaux inchangé
Retraite complémentaire CARPIMKOAncien barème8,70 % sur une assiette comprise entre 0,5 et 3 PASSParamètres 2026 publiés
CalendrierAncienne assietteApplication aux revenus 2025, avec régularisation en 2026Nouveaux échéanciers en 2026
TrésorerieCotisations provisionnellesRégularisation après la déclaration 2025Complément ou remboursement possible

Et vous, kinés libéraux, comment allez-vous vous préparer pour traverser 2025 sereinement et aborder la régularisation 2026 sans mauvaise surprise ?

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Veroui
Veroui
9 mois il y a

Bonjour est ce que la Carpimko peut nous aider à anticiper cette régularisation ?

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