Kiné non conventionné : ce que cela change vraiment en 2026

Kiné non conventionné : ce que cela change vraiment en 2026

Le choix de devenir kiné non conventionné est une décision importante qui a des répercussions sur le modèle économique, l’accès aux soins pour les patients et la gestion administrative de votre activité. En 2026, avec l’évolution des pratiques et de la réglementation, cette option doit être réfléchie en profondeur. Voici un guide complet, avec des chiffres précis et des exemples concrets, pour vous aider à évaluer les avantages et inconvénients de cette démarche.

Qu’est-ce qu’un kiné non conventionné ?

Un kinésithérapeute non conventionné est un professionnel qui choisit de ne pas adhérer à la convention signée entre les professionnels de santé et l’Assurance Maladie. Ce choix permet une plus grande liberté tarifaire, mais entraîne également des conséquences importantes sur la prise en charge des soins par l’Assurance Maladie et les mutuelles.

La liberté tarifaire

En tant que kiné non conventionné, vous avez la possibilité de fixer vos honoraires de manière totalement libre, sans contrainte des tarifs imposés par la convention. En 2025, le tarif de base pour une séance de kinésithérapie conventionnée était de 16,13 €, avec un remboursement de l’Assurance Maladie qui s’élève à 9,68 € (60 % du tarif), laissant au patient un reste à charge moyen de 6,45 € avant application de la mutuelle.

Pour un kiné non conventionné, la situation est très différente. Vous pouvez facturer une séance entre 50 € et 150 €, selon votre spécialisation et la durée des soins. Toutefois, l’Assurance Maladie ne rembourse qu’à hauteur d’un tarif d’autorité, qui est souvent bien inférieur au tarif que vous appliquez. Le remboursement des soins est donc nettement réduit, sauf si le patient dispose d’une couverture complémentaire (mutuelle) qui prend en charge ces dépassements.

Un tarif de remboursement réduit pour les patients

En raison de ce tarif d’autorité, les patients auront à payer une part importante de la séance de kinésithérapie, sauf si leur mutuelle couvre les dépassements d’honoraires. Par exemple, un patient qui consulte un kiné non conventionné pour une rééducation respiratoire pourrait payer 50 € la séance, alors que l’Assurance Maladie ne remboursera que 9,68 €, laissant un reste à charge de 40,32 €, sauf prise en charge par la mutuelle. Cela peut poser un problème pour certains patients, surtout ceux souffrant de pathologies chroniques nécessitant des soins réguliers.

Les actes non remboursés

Il faut aussi le dire clairement : même en restant conventionné, l’Assurance Maladie ne rembourse généralement pas les actes “hors nomenclature”, comme certains soins préventifs ou spécialisés (rééducation vestibulaire, suivi sportif, soins de rééducation périnéale, etc.). En revanche, quand vous exercez hors convention, l’Assurance Maladie ne rembourse pas ces actes et ne finance aucune prise en charge : le patient règle une part plus importante, et son reste à charge augmente mécaniquement.

Pourquoi certains kinés choisissent de devenir non conventionnés en 2026 ?

Une indépendance accrue face à l’Assurance Maladie

L’un des principaux motifs pour lequel un kiné choisit de sortir du cadre conventionnel est la volonté de retrouver une liberté totale en matière de tarification. En effet, le système conventionnel impose des contraintes, surtout à ceux qui considèrent que les tarifs ne couvrent pas le coût réel de la prestation.

En 2026, les revalorisations de certains actes sous la convention ne compenseront pas toujours le temps nécessaire pour certains soins spécialisés.

Le tarif d’un acte complexe sous convention peut encore être inférieur à 20 €, alors qu’un kiné non conventionné peut facturer de manière beaucoup plus souple, en fonction de la durée et de la spécificité du soin.

Accéder à des zones où le conventionnement est contraint

Le non-conventionnement peut aussi être une solution pour les kinés qui souhaitent exercer dans des zones où l’installation conventionnée est difficile, notamment dans les zones dites « sous-dotées ». Ces zones sont parfois soumises à des restrictions, avec des aides financières pour les professionnels installés sous le régime conventionné, mais l’accès à la convention peut être limité. Le non-conventionnement permet alors d‘ouvrir un cabinet dans ces zones, mais cela reste un choix à double tranchant car l’accès aux aides financières est supprimé et l’accès aux soins pour les patients devient plus compliqué en raison du faible remboursement de l’Assurance Maladie.

Un positionnement de niche

Certains kinés choisissent également le non-conventionnement pour se spécialiser dans des niches très spécifiques comme la rééducation sportive, la kinésithérapie périnatale ou la rééducation des pathologies rares. Dans ce cadre, la liberté tarifaire se justifie si la patientèle est prête à payer des soins spécialisés, mais cela nécessite une communication claire sur la valeur des soins dispensés et une cible de patients hautement motivés et disposant de moyens suffisants.

Les conséquences pour la patientèle : reste à charge et impact sur l’accessibilité

L’une des principales préoccupations des kinés non conventionnés est l’impact sur la patientèle. Le reste à charge pour les patients peut devenir un frein important.

Le reste à charge

En 2026, pour une séance de kinésithérapie de 50 €, l’Assurance Maladie rembourse uniquement 9,68 € (soit 60 % de la BRSS), laissant au patient un reste à charge de 40,32 € en moyenne. Si le patient dispose d’une mutuelle, celle-ci prendra en charge une partie de ce montant, selon le type de contrat souscrit. Cependant, pour un patient avec une mutuelle bas de gamme, le reste à charge peut être conséquent, rendant l’accès aux soins difficile pour ceux ayant des moyens financiers limités.

En revanche, si un patient consulte un kiné conventionné, la prise en charge sera de 60 % de 16,13 €, soit environ 9,68 €, laissant un reste à charge beaucoup plus faible, qui sera souvent couvert par une mutuelle.

Ainsi, le choix du non-conventionnement rend les soins moins accessibles à une partie de la population, en particulier pour les pathologies chroniques ou les soins lourds.

Les démarches administratives et les implications fiscales

Devenir kiné non conventionné implique certaines démarches administratives. Vous voulez sortir du cadre conventionnel ? Vous n’avez qu’à encoyer à votre CPAM une lettre recommandée pour activer votre sortie : dès un mois après la réception de votre courrier, vous basculez hors convention et vous exercez en non-conventionné.

Cette décision a des implications fiscales : en tant que kiné non conventionné, vous perdrez l’accès à certains contrats incitatifs pour les zones sous-dotées, et vous devrez ajuster votre statut social en conséquence. Les cotisations sociales peuvent également être recalculées en fonction de votre nouveau statut.

Alternatives au non-conventionnement total : opter pour un modèle hybride

Un modèle hybride peut parfois être plus adapté qu’un non-conventionnement total. De nombreux kinés choisissent de rester conventionnés pour certaines prestations et de proposer des prestations hors nomenclature ou spécialisées, non couvertes par l’Assurance Maladie, à un tarif libre. Ce modèle permet de maintenir une accessibilité aux soins pour les patients, tout en offrant des soins spécialisés rémunérés à un tarif plus élevé.

Avantages du modèle hybride

Le modèle hybride permet de conserver une partie des avantages conventionnels (remboursement des actes standards), tout en offrant des prestations non remboursées, comme des soins de rééducation avancée ou des bilans spécialisés. Cela permet de diversifier les sources de revenus sans risquer de perdre l’accès aux soins pour les patients qui ne peuvent pas se permettre un tarif non conventionné.

Le non-conventionnement, un choix stratégique

Le non-conventionnement en 2026 est une démarche stratégique qui offre une liberté tarifaire, mais implique des conséquences financières importantes pour les patients. Réfléchissez soigneusement avant d’opter pour cette voie : évaluez l’aspect financiers, les attentes de vos patients et la spécialisation que vous choisissez.

Si vous envisagez de devenir kiné non conventionné, il est crucial de bien comprendre les conséquences sur votre patientèle, le reste à charge pour vos patients et de préparer une stratégie claire pour votre activité. Vous devez également prendre en compte l’impact de ce choix sur votre modèle économique et vous assurer d’avoir les ressources nécessaires pour le gérer.

Le choix de devenir kiné non conventionné ou de rester dans le cadre conventionnel impacte profondément votre modèle économique, vos cotisations sociales et votre stratégie fiscale. C’est pourquoi nous vous recommandons de faire appel à un service expert en comptabilité libérale, comme Horizon Compta Expert. Cela vous permettra d’évaluer l’impact réel de votre choix sur votre situation et construire un modèle économique viable.

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