Comment anticiper votre retraite kiné libéral ?
22 octobre 2024 - Gestion de cabinet

Un cabinet kiné qui pronne l’écologie n’a rien à voir avec un cabinet “au rabais”. Dans la vraie vie, les actions qui réduisent l’empreinte améliorent souvent ce que vos patients remarquent immédiatement : température plus stable, air moins lourd, moins d’odeurs, espaces plus calmes et mieux tenus. Et le sujet est loin d’être anecdotique : le ministère de la Santé rappelle que le système de soins français représente plus de 8 % des émissions nationales, soit près de 50 millions de tonnes équivalent CO₂, avec une majorité liée aux médicaments et dispositifs médicaux. La question n’est donc pas “faut-il faire quelque chose ?”, mais quoi faire en priorité, sans toucher à l’hygiène ni à la qualité de prise en charge.
Pour devenir un cabinet kiné écologique crédible (et non un affichage), gardez une règle simple : aucune action ne doit dégrader l’expérience patient ni compliquer vos soins. Concrètement, vous cherchez des leviers qui :
La feuille de route “planification écologique en santé” du ministère cadre bien cette logique : énergie des bâtiments, achats, soins écoresponsables, déchets, mobilités, numérique… tout est lié à l’organisation des soins.
En kinésithérapie, la température “idéale” dépend surtout de ce que fait le patient (actif vs passif) et de son niveau d’exposition (déshabillage, peau à l’air, immobilité). L’erreur classique est de viser une moyenne unique. La bonne stratégie est le zonage + la programmation.
L’ADEME propose des repères très opérationnels : 19 °C quand c’est occupé et 16 à 17 °C quand c’est inoccupé.
Deux chiffres à retenir pour piloter sans douleur :
Vous avez deux objectifs : éviter la surchauffe (patients + vous) et éviter les chocs thermiques. L’ADEME recommande de ne pas créer plus de 5 à 7 °C d’écart entre intérieur et extérieur en cas d’usage de climatisation.
Et côté bâtiment, les outils et référentiels récents insistent sur le confort d’été : le guide RE2020 (mai 2025) introduit l’exigence sur les degrés-heures d’inconfort en tenant compte d’épisodes caniculaires plus fréquents.
Pour le “terrain”, le CSTB a publié en 2025 (RENOPTIM) des fiches pratiques qui synthétisent des solutions concrètes de confort d’été “sobres” (protections solaires, limitation des apports, ventilation…).
Dans un cabinet de kiné, l’air se charge vite : respiration, effort, salle de rééducation, produits d’entretien. L’enjeu n’est pas “ouvrir les fenêtres toute la journée”, mais renouveler au bon moment sans casser le confort thermique.
Deux repères utiles :
Résultat côté patient : moins d’air “lourd”, moins d’odeurs, meilleure tolérance à la chaleur… sans sensation de “cabinet froid”.
Si vous ne deviez travailler qu’un axe, ce serait souvent celui-là : les achats récurrents et la durée de vie du matériel. Le ministère souligne que l’empreinte du système de soins est très largement portée par les produits de santé (médicaments/dispositifs) logique “achats”.
En cabinet, on le retrouve à une autre échelle : consommables, gels, draps, lingettes, petit matériel, pièces d’usure.
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Ici, la valeur ajoutée n’est pas “faire moins”, c’est faire juste. Un cabinet “durable” mais approximatif sur les déchets de soins perd immédiatement en crédibilité.
Le Guide DASRI du ministère (mise à jour du 24/07/2025) rappelle les modalités d’entreposage et les délais, avec un point très pratico-pratique : jusqu’à 3 mois si ≤ 5 kg/mois, et, pour les DASRI perforants exclusivement, un délai qui ne doit pas excéder 6 mois, avec traçabilité des dates d’ouverture/fermeture.
Le même guide distingue aussi les modalités selon les quantités (≤15 kg/mois, >15 kg/mois…) et rappelle la nécessité d’une organisation et d’espaces adaptés.
Entreprendre.Service-Public rappelle que toute entreprise est concernée par l’obligation de tri à la source des déchets (papier, métal, plastique, verre, bois, textiles, biodéchets…), au moment où ils sont jetés.
Le geste “kiné” qui change tout : mettre le tri là où les déchets naissent (réserve/zone de préparation/accueil) plutôt que “un bac au fond”. C’est invisible pour le patient, mais ça fonctionne vraiment.
Un cabinet kiné qui pronne l’écologie n’est pas seulement une affaire de bâtiment : c’est aussi une affaire d’organisation de soins.
Ces leviers collent parfaitement avec les axes nationaux (mobilités, numérique, soins écoresponsables) rappelés par le ministère.
Un article de référence doit vous laisser avec un pilotage simple. Trois indicateurs suffisent sur 30 jours :
Pour estimer vite un gain : si votre dépense annuelle de chauffage est X, alors -1 °C ≈ 0,07 × X (ordre de grandeur ADEME).
Et si vous communiquez, faites-le “preuve en main”. L’ADEME a publié le Guide anti-greenwashing – édition 2025, utile pour éviter les formulations vagues et rester factuel.
Si votre démarche rend le cabinet plus stable thermiquement, plus respirable, plus simple à tenir et plus fluide dans les séances, vous êtes exactement au bon endroit. Le reste (labels, communication, “grands mots”) vient après.
📃 Sources :
30 mars 2023 - Gestion de cabinet