Kiné et écologie : rendre votre cabinet plus durable sans sacrifier le confort patient

Kiné et écologie : rendre votre cabinet plus durable sans sacrifier le confort patient

Un cabinet kiné qui pronne l’écologie n’a rien à voir avec un cabinet “au rabais”. Dans la vraie vie, les actions qui réduisent l’empreinte améliorent souvent ce que vos patients remarquent immédiatement : température plus stable, air moins lourd, moins d’odeurs, espaces plus calmes et mieux tenus. Et le sujet est loin d’être anecdotique : le ministère de la Santé rappelle que le système de soins français représente plus de 8 % des émissions nationales, soit près de 50 millions de tonnes équivalent CO₂, avec une majorité liée aux médicaments et dispositifs médicaux. La question n’est donc pas “faut-il faire quelque chose ?”, mais quoi faire en priorité, sans toucher à l’hygiène ni à la qualité de prise en charge.

Kiné et écologie : la boussole clinique

Pour devenir un cabinet kiné écologique crédible (et non un affichage), gardez une règle simple : aucune action ne doit dégrader l’expérience patient ni compliquer vos soins. Concrètement, vous cherchez des leviers qui :

  • réduisent l’énergie sans créer d’inconfort (froid, courant d’air, surchauffe),
  • simplifient l’hygiène (protocoles plus nets, moins de “au cas où”),
  • diminuent les consommables sans multiplier les risques (croisement propre/sale),
  • fluidifient le parcours patient (moins de papier, moins de déplacements évitables).

La feuille de route “planification écologique en santé” du ministère cadre bien cette logique : énergie des bâtiments, achats, soins écoresponsables, déchets, mobilités, numérique… tout est lié à l’organisation des soins.

Séances et confort thermique possible si l’on se veut améliorer l’écologie en tant que kiné

En kinésithérapie, la température “idéale” dépend surtout de ce que fait le patient (actif vs passif) et de son niveau d’exposition (déshabillage, peau à l’air, immobilité). L’erreur classique est de viser une moyenne unique. La bonne stratégie est le zonage + la programmation.

L’ADEME propose des repères très opérationnels : 19 °C quand c’est occupé et 16 à 17 °C quand c’est inoccupé.
Deux chiffres à retenir pour piloter sans douleur :

  • Baisser la consigne de 1 °C = ~7 % d’économies en moyenne sur le chauffage.
  • Une régulation / programmation peut permettre jusqu’à 15 % d’économies en chauffant “au bon endroit, au bon moment”.

Comment traduire ça dans une journée de kiné (sans perdre en confort)

  • Séance manuelle / patient statique (rachis, cicatrice, douleurs chroniques, périnée…) : c’est ici que l’inconfort apparaît le plus vite. Le levier “de l’écologie en kiné” n’est pas de monter le thermostat pour tout le cabinet, mais de stabiliser la pièce de soin + prévoir un confort textile (plaid/serviette réutilisable bien géré) pour éviter de “compenser” en énergie.
  • Séance active / renforcement / réathlétisation : la consigne peut être plus basse, mais la qualité dépend du ressenti (pas de courant d’air, pas de souffle direct sur un patient transpirant). Souvent, l’orientation du flux d’air (PAC/clim) pèse plus que 1 °C.

Été : rester confortable sans sur-climatiser

Vous avez deux objectifs : éviter la surchauffe (patients + vous) et éviter les chocs thermiques. L’ADEME recommande de ne pas créer plus de 5 à 7 °C d’écart entre intérieur et extérieur en cas d’usage de climatisation.
Et côté bâtiment, les outils et référentiels récents insistent sur le confort d’été : le guide RE2020 (mai 2025) introduit l’exigence sur les degrés-heures d’inconfort en tenant compte d’épisodes caniculaires plus fréquents.
Pour le “terrain”, le CSTB a publié en 2025 (RENOPTIM) des fiches pratiques qui synthétisent des solutions concrètes de confort d’été “sobres” (protections solaires, limitation des apports, ventilation…).

Air du cabinet : un kiné qui pronne l’écologie ventile pour l’effort

Dans un cabinet de kiné, l’air se charge vite : respiration, effort, salle de rééducation, produits d’entretien. L’enjeu n’est pas “ouvrir les fenêtres toute la journée”, mais renouveler au bon moment sans casser le confort thermique.

Deux repères utiles :

  • l’INRS rappelle qu’un apport d’air neuf d’au moins 50 m³/h par occupant est nécessaire dans les espaces de travail tertiaires (référence de normes de conception).
  • et, point très concret (souvent ignoré), l’INRS précise en 2025 que, dans certains locaux, l’employeur doit contrôler au minimum une fois par an des éléments de l’installation (débits, pressions, vitesses d’air, état des éléments…).

Le protocole “kiné” qui marche (sans alourdir votre journée)

  • Ciblez 2 moments : début de journée et fin de journée (ou entre deux pics).
  • Faites des aérations courtes et efficaces (5–10 minutes) plutôt qu’une ouverture permanente qui crée froid/chaleur + bruit.
  • Si vous utilisez un capteur CO₂, utilisez-le comme un déclencheur (pas comme un gadget). L’INRS propose même un outil de calcul/simulation CO₂ pour estimer le renouvellement d’air à partir de mesures simples.

Résultat côté patient : moins d’air “lourd”, moins d’odeurs, meilleure tolérance à la chaleur… sans sensation de “cabinet froid”.

Matériel et consommables : le cœur de la démarche kiné écologique

Si vous ne deviez travailler qu’un axe, ce serait souvent celui-là : les achats récurrents et la durée de vie du matériel. Le ministère souligne que l’empreinte du système de soins est très largement portée par les produits de santé (médicaments/dispositifs) logique “achats”.
En cabinet, on le retrouve à une autre échelle : consommables, gels, draps, lingettes, petit matériel, pièces d’usure.

Ce qui fait vraiment la différence (et améliore vos séances)

  • Standardiser : visez 2–3 références maximum par catégorie (essuie-mains/draps/produits). Moins de “bricolage” = hygiène plus fiable + moins de gaspillage.
  • Électro/US : passez d’une logique “petits flacons jetables” à une logique pompe rechargeable + zone propre. C’est plus durable et surtout plus fluide en séance (moins de manipulations, moins de risque de contamination croisée).
  • Tables et housses : le confort patient vient de la stabilité, de l’absence de bruit, de la chaleur de contact (matière/linge), pas d’une surchauffe générale du cabinet.
  • Durée de vie : un appareil entretenu et réparable évite des remplacements prématurés (coût + carbone) et vous évite les pannes au pire moment (qualité de soins).

Cet article peut vous interesser : La Green Touch, quand les kinés font leur transition écologique !

Déchets et hygiène : cabinet kiné pour l’écologie = zéro zone grise

Ici, la valeur ajoutée n’est pas “faire moins”, c’est faire juste. Un cabinet “durable” mais approximatif sur les déchets de soins perd immédiatement en crédibilité.

DASRI : des délais clairs (et récents)

Le Guide DASRI du ministère (mise à jour du 24/07/2025) rappelle les modalités d’entreposage et les délais, avec un point très pratico-pratique : jusqu’à 3 mois si ≤ 5 kg/mois, et, pour les DASRI perforants exclusivement, un délai qui ne doit pas excéder 6 mois, avec traçabilité des dates d’ouverture/fermeture.
Le même guide distingue aussi les modalités selon les quantités (≤15 kg/mois, >15 kg/mois…) et rappelle la nécessité d’une organisation et d’espaces adaptés.

Déchets “classiques” : obligation de tri à la source

Entreprendre.Service-Public rappelle que toute entreprise est concernée par l’obligation de tri à la source des déchets (papier, métal, plastique, verre, bois, textiles, biodéchets…), au moment où ils sont jetés.

Le geste “kiné” qui change tout : mettre le tri là où les déchets naissent (réserve/zone de préparation/accueil) plutôt que “un bac au fond”. C’est invisible pour le patient, mais ça fonctionne vraiment.

Domicile, planning, parcours patient : la dimension de l’écologie qui fait gagner du temps en kiné

Un cabinet kiné qui pronne l’écologie n’est pas seulement une affaire de bâtiment : c’est aussi une affaire d’organisation de soins.

Ces leviers collent parfaitement avec les axes nationaux (mobilités, numérique, soins écoresponsables) rappelés par le ministère.

Piloter comme un pro (sans se rajouter une usine à gaz) + communiquer sans greenwashing

Un article de référence doit vous laisser avec un pilotage simple. Trois indicateurs suffisent sur 30 jours :

  1. Chauffage/électricité (kWh ou €) + notez vos jours/horaires réels.
  2. Volumes de consommables (3 familles max : essuyage/draps/produits).
  3. Déchets : fréquence DASRI + volume “tout-venant”.

Pour estimer vite un gain : si votre dépense annuelle de chauffage est X, alors -1 °C ≈ 0,07 × X (ordre de grandeur ADEME).

Et si vous communiquez, faites-le “preuve en main”. L’ADEME a publié le Guide anti-greenwashing – édition 2025, utile pour éviter les formulations vagues et rester factuel.

Conclusion : un cabinet kiné qui pronne l’écologie “réussi” est d’abord un cabinet plus confortable

Si votre démarche rend le cabinet plus stable thermiquement, plus respirable, plus simple à tenir et plus fluide dans les séances, vous êtes exactement au bon endroit. Le reste (labels, communication, “grands mots”) vient après.

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