Maximiser l'effet placebo dans ses prises en charge éthiquement
17 janvier 2023 - Techniques et outils
La kinésithérapie et le yoga partagent un terrain commun : remettre du mouvement là où la douleur, la peur ou la raideur l’ont limité. La différence, c’est l’angle d’attaque. La kinésithérapie s’appuie sur une évaluation clinique, des objectifs fonctionnels, une progression de charge et des techniques validées. Le yoga, lui, apporte souvent une porte d’entrée “corps-esprit” : respiration, attention au ressenti, contrôle moteur, tolérance à l’effort, régulation du stress. Bien combinés, ils peuvent renforcer l’adhésion, l’autonomie et la qualité de vie, sans promettre de miracles.
La kinésithérapie vise à traiter et prévenir les troubles fonctionnels (douleurs, limitations d’amplitude, perte de force, incapacité). Elle s’inscrit dans un raisonnement clinique : bilan, hypothèses, objectifs, plan de soins, réévaluation.
Le yoga est une pratique corporelle et respiratoire, très variable selon les écoles (hatha, iyengar, vinyasa, yin…). Dans un cadre thérapeutique, on retient surtout ce qu’il peut apporter de concret : mobilité douce, renforcement progressif, équilibre/proprioception, respiration, relaxation, et exposition graduée au mouvement.
En France, cette logique s’insère bien dans la dynamique “activité physique à des fins de santé” : la HAS rappelle une classification en niveaux, où la rééducation/réadaptation relève des professionnels de rééducation, et où les programmes d’activité physique adaptée (APA) peuvent aussi être encadrés par des professionnels de rééducation selon les situations.
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En 2025, le message de santé publique est clair : l’activité physique est un pilier, et toute hausse (même modeste) est bénéfique. La HAS insiste aussi sur le fait que tout le monde n’a pas besoin d’examens avant de reprendre une activité, et que les programmes d’APA sont des thérapeutiques non médicamenteuses validées dans de nombreuses situations.
Côté “dos”, l’Assurance Maladie a remis à jour en 2025 son application Activ’Dos, construite par des kinésithérapeutes et des médecins, avec une idée simple : dans la majorité des lombalgies, bouger est souvent le bon traitement (progressif, adapté, et régulier).
Côté “arthrose du genou”, une actualité médicale française de 2025 rapporte un essai comparant yoga et renforcement : le yoga est non inférieur au renforcement pour la douleur, avec des signaux intéressants sur la fonction et la qualité de vie à moyen terme (et peu d’effets indésirables, surtout mineurs).
Enfin, la prévention passe aussi par des choses très concrètes : l’Anses rappelle en 2025 que marcher 5 minutes toutes les 30 minutes (intensité faible à modérée) améliore des paramètres métaboliques et aide aussi sur l’attention, l’humeur et la fatigue. C’est une excellente base… et c’est très compatible avec une approche “micro-pauses” inspirée du yoga (respiration + mobilité).
Le yoga n’est pas une “technique de kinésithérapie”. En revanche, des exercices inspirés du yoga (postures simplifiées, respiration, mouvements contrôlés) peuvent être pertinents quand ils servent un objectif kiné clair.
Si l’on parle d’activité physique à des fins de santé / APA, l’Assurance Maladie rappelle que les masseurs-kinésithérapeutes font partie des professionnels pouvant dispenser une APA, et qu’ils peuvent renouveler ou adapter une prescription initiale d’APA une fois (sauf avis contraire du prescripteur).
Le modèle de formulaire officiel (Journal officiel via Légifrance) précise aussi ce cadre, notamment la partie destinée au masseur-kinésithérapeute en cas d’adaptation/renouvellement, et les conditions associées.
👉 Traduction : on peut intégrer des exercices “type yoga” tant qu’ils sont justifiés par le bilan, adaptés, progressifs, tracés, et qu’ils servent la rééducation (et non une promesse de bien-être vague).

La meilleure intégration, c’est celle qui ne change pas votre rigueur.
1) Partir d’un objectif fonctionnel (pas d’une posture)
Exemples : “se relever du sol”, “marcher 30 minutes”, “porter son enfant”, “reprendre le vélo”. Les postures/mouvements ne sont que des outils.
2) Choisir 2–3 briques maximum au début
Souvent, un trio suffit :
3) Adapter et sécuriser
Le “yoga utile en kiné” est rarement spectaculaire : peu d’amplitudes extrêmes, peu de contraintes en bout de course, une attention aux douleurs provoquées et à la récupération. Le progrès est le KPI, pas la forme parfaite.
4) Organiser l’autonomie
Une micro-routine faisable (5–8 minutes) est un levier énorme, surtout avec le contexte de sédentarité : l’Anses insiste sur l’intérêt de ruptures régulières de position assise. Anses
5) Orienter quand nécessaire
Pour certains patients (besoin de groupe, de motivation, d’encadrement long), les Maisons Sport-Santé peuvent être un relais utile.
Kiné + yoga, ce n’est pas “deux disciplines qui fusionnent”. C’est une rééducation qui s’enrichit d’outils respiratoires, attentionnels et moteurs, à condition de rester sur des fondamentaux : évaluer, individualiser, progresser, réévaluer. Dans ce cadre, le yoga devient un excellent “chemin d’accès” au mouvement, et parfois, c’est exactement ce dont le patient avait besoin.
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