Rééducation des scolioses en kiné : prise en charge globale et apport de la thérapie laser

Prendre en charge un patient atteint de scoliose en kiné

En kiné, la scoliose est une pathologie rachidienne complexe qui se manifeste par une déformation tridimensionnelle de la colonne vertébrale. Elle peut être évolutive et entraîner des douleurs musculo-squelettiques, des déséquilibres posturaux et une altération fonctionnelle. La prise en charge kinésithérapique vise à ralentir cette progression, à améliorer la mobilité du rachis et à renforcer les structures musculo-squelettiques impliquées. Quelle prise en charge pour une scoliose en kiné ? Peut-on rendre le patient autonome pour ce genre de pathologie ? 🔎 Réponse dans cet article !

Comprendre la scoliose : définition et enjeux cliniques

La scoliose est diagnostiquée lorsque l’angle de Cobb est supérieur à 10° sur une radiographie du rachis. Elle peut apparaître à différents âges de la vie : formes infantiles, juvéniles, adolescentes ou adultes. La scoliose idiopathique de l’adolescent est la plus fréquente et présente un risque évolutif important pendant la croissance pubertaire.

Chez l’adulte, la scoliose peut correspondre à l’évolution d’une scoliose ancienne non traitée ou à une scoliose dégénérative, liée à l’usure discale et articulaire. Dans ce contexte, les contraintes mécaniques répétées peuvent favoriser l’apparition de lombalgies chroniques, de discopathies lombaires et parfois de douleurs irradiantes de type sciatique.

Au-delà de la déformation rachidienne, la scoliose a un impact fonctionnel réel : douleurs dorsales chroniques, perte de mobilité, troubles de l’équilibre, diminution de l’expansion thoracique et altération de la qualité de vie. Ces éléments justifient une prise en charge globale, individualisée et évolutive.

Le rôle du kinésithérapeute dans la prise en charge des scolioses

Le rôle du kinésithérapeute ne consiste pas à « corriger » mécaniquement la scoliose, mais à agir sur les facteurs modifiables : contrôle postural, coordination, mobilité, équilibre musculaire et respiration. L’objectif est de limiter la progression de la courbure, de réduire les symptômes douloureux et d’améliorer l’autonomie fonctionnelle du patient.

La rééducation peut être menée seule ou en complément d’autres traitements, comme le port d’un corset ou, plus rarement, une prise en charge chirurgicale. Elle s’adapte à l’âge du patient, au type de scoliose, à son caractère évolutif et à son retentissement fonctionnel.

Techniques de rééducation utilisées en kinésithérapie

Rééducation posturale et auto-grandissement

L’auto-grandissement constitue un pilier de la rééducation des scolioses. Il vise à corriger le déjettement, à réaligner l’axe tête–tronc–bassin et à améliorer la conscience corporelle. Le patient apprend à s’auto-corriger activement, souvent à l’aide de feedback visuels ou tactiles.

Un exercice fréquemment proposé consiste à s’asseoir, pieds à plat, en cherchant à allonger la colonne comme si un fil tirait le sommet du crâne vers le plafond, tout en contrôlant l’expiration afin d’engager la sangle abdominale profonde.

Renforcement musculaire spécifique

La scoliose s’accompagne souvent de déséquilibres musculaires asymétriques. Le renforcement vise à stabiliser la colonne vertébrale et à améliorer le contrôle moteur, notamment par le gainage dynamique et les exercices ciblant les muscles profonds du tronc.

La planche latérale est un exercice couramment utilisé pour solliciter les muscles stabilisateurs. Son intensité et sa durée sont adaptées à l’âge, au niveau fonctionnel et à la tolérance du patient.

Mobilisation rachidienne et assouplissement

Les mobilisations vertébrales douces permettent de restaurer la mobilité des segments raides et de diminuer les contraintes mécaniques locales. Des étirements ciblés sont proposés pour relâcher les zones musculaires hypertoniques, fréquemment situées du côté concave de la courbure.

La posture de l’enfant, inspirée du yoga, est souvent utilisée pour un étirement global du rachis et une détente musculaire progressive.

Travail respiratoire et expansion thoracique

Dans les scolioses thoraciques, la déformation peut limiter l’expansion costale. Le travail respiratoire vise à optimiser la ventilation asymétrique et à améliorer la mobilité thoracique.

Le patient est guidé pour diriger la respiration vers le côté convexe de la scoliose, favorisant ainsi la souplesse thoracique et une meilleure oxygénation des tissus.

Méthodes spécifiques : focus sur la méthode Schroth

La méthode Schroth repose sur une correction tridimensionnelle active, associant auto-grandissement, renforcement musculaire spécifique et respiration dirigée. Elle est largement utilisée chez l’adolescent et chez l’adulte motivé, notamment dans les scolioses idiopathiques structurales évolutives.

Apport de la thérapie laser dans la rééducation pour scoliose

La thérapie laser par photobiomodulation, et plus spécifiquement la technologie MLS®, ne constitue pas un traitement correctif de la scoliose. En revanche, elle peut jouer un rôle complémentaire dans la prise en charge kinésithérapique, en agissant sur des facteurs limitants comme la douleur, l’inflammation et les contractures musculaires.

La photobiomodulation repose sur l’émission de photons capables de stimuler l’activité mitochondriale, favorisant ainsi les processus de réparation tissulaire. La technologie MLS® associe deux longueurs d’onde (808 et 905 nm) émises simultanément, permettant une action synergique, profonde et homogène.

Ses effets cliniques rapportés incluent une diminution de la douleur, un relâchement musculaire, une amélioration de la microcirculation et une meilleure tolérance à l’effort. Chez les patients présentant une scoliose associée à une discopathie lombaire ou à des douleurs irradiantes, le laser peut contribuer à soulager les symptômes de type sciatique et à faciliter la reprise du mouvement.

Données cliniques : que dit la littérature ?

Une étude clinique publiée par Wang et al. (2024) a évalué l’association méthode Schroth + laser MLS® chez 80 adolescents atteints de scoliose idiopathique. Le groupe traité par la combinaison des deux approches a montré une diminution significative de l’angle de Cobb, une amélioration de la rotation vertébrale (ATR), une meilleure mobilité lombaire ainsi qu’une réduction plus marquée de la douleur et une meilleure adhésion au programme de rééducation.

Chez l’adulte, une étude randomisée contrôlée multicentrique menée par Berti et al. (2025) sur 100 patients souffrant de lombalgies et dorsalgies chroniques rapporte une réduction moyenne de la douleur de 47 % après cinq séances de laser, associée à une amélioration de la mobilité rachidienne.

D’un point de vue technologique, Kimlickova et al. (2022) montrent que le système MLS® offre une meilleure homogénéité de traitement et une réduction plus rapide de la douleur que les lasers NIR conventionnels sur différentes pathologies musculosquelettiques, dont les rachialgies.

Les travaux de Ince et al. (2023) soulignent par ailleurs que l’association laser + exercice thérapeutique améliore davantage la douleur, la mobilité et la qualité de vie que l’exercice seul dans les radiculopathies, soutenant la logique de complémentarité applicable à la scoliose.

Enfin, une revue systématique de Previti et al. (2025), portant sur plus de 200 études, confirme l’intérêt de la photobiomodulation dans la prise en charge des douleurs musculosquelettiques et des pathologies rachidiennes, tout en rappelant l’importance de l’intégrer dans des protocoles actifs.

Laser et rééducation active : une synergie clinique

Dans la pratique, le laser trouve sa place comme outil d’accompagnement de la rééducation, avec des objectifs précis : diminution de la douleur, relâchement musculaire, amélioration de la tolérance à l’effort et facilitation des corrections posturales. Associé à des méthodes spécifiques comme Schroth, il peut contribuer à stabiliser la courbure, à soulager les douleurs associées et à améliorer l’adhésion du patient sur le long terme.

Intégration pratique au cabinet de kinésithérapie

L’intégration d’un dispositif laser au cabinet repose sur une démarche structurée : bilan initial précis (douleur, mobilité, retentissement fonctionnel), choix raisonné des zones de traitement et suivi régulier des effets cliniques. Dans la prise en charge des scolioses, le suivi dans le temps est essentiel. Milo permet de structurer et d’objectiver ce suivi, en centralisant les bilans initiaux, les scores de douleur, les évaluations de mobilité et l’évolution fonctionnelle du patient au fil des séances.

L’outil facilite la traçabilité des protocoles, notamment lorsqu’une thérapie complémentaire comme le laser est intégrée à la rééducation. Le kinésithérapeute peut ainsi comparer les données avant et après traitement, ajuster la prise en charge et appuyer ses choix sur des indicateurs cliniques concrets.

Pour le patient, la visualisation des progrès renforce l’adhésion au programme et la compréhension des objectifs thérapeutiques. Milo s’inscrit ainsi comme un outil de suivi clinique, au service d’une rééducation structurée, lisible et cohérente, particulièrement adaptée aux pathologies chroniques et évolutives comme la scoliose.

Conclusion

La rééducation des scolioses en kinésithérapie repose sur une prise en charge active, progressive et individualisée, centrée sur l’auto-correction, le renforcement, la mobilité et la respiration. L’intégration raisonnée de la thérapie laser constitue un levier complémentaire pertinent, notamment lorsque la douleur ou les contractures freinent l’engagement du patient.

Sans se substituer aux exercices ni à l’analyse clinique, le laser améliore les conditions de réalisation de la rééducation et s’inscrit dans une approche moderne et cohérente de la prise en charge des scolioses, y compris lorsqu’elles s’accompagnent de discopathies lombaires ou de douleurs de type sciatique.

👀 Quelles sont vos méthodes pour la prise en charge d’une scoliose en kiné ? Avez-vous des conseils ? N’hésitez pas à nous en partager en commentaires !!

Les sources

Previti A. et al. (2025). A systematic review via text mining of photobiomodulation applications. Lasers in Medical Science, 40(1), 321.

Wang Z. et al. (2024). Observation on the therapeutic effect of laser acupuncture combined with Schroth therapy on adolescent idiopathic scoliosis. Pakistan Journal of Medical Sciences, 40(6), 1174–1179.

Berti L. et al. (2025). Gli effetti della LASER terapia nel trattamento delle problematiche dolorose a carico del rachide. Giornale Italiano di Medicina Riabilitativa, 41(1).

Kimlickova R. et al. (2022). A comparison of effects of therapy with the NIR laser diode and MLS® laser system. Energy for Health, 15.

Ince N. et al. (2023). Clinical efficiency of high-intensity laser therapy in patients with cervical radiculopathy. American Journal of Physical Medicine & Rehabilitation, 103(1), 3–12.

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