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Réflexion : investir dans du matériel kiné coûteux ?

Vous êtes kiné en libéral et vous avez votre cabinet ou vous allez bientôt vous installer comme titulaire ? Vous vous posez certainement des questions sur le matériel à acheter. Est-ce pertinent d’investir dans du matériel qui coûte cher ? Si oui lequel ?

Cet article vise à vous apporter quelques pistes de réponse. Des réponses différentes de celles que pourraient vous donner des personnes qui commercialisent de tels dispositifs ou des experts-comptables qui vous apportent des éclaircissements sur comment bien amortir ces acquisitions.

Palmarès du matériel de rééducation le plus coûteux

Voici une liste de matériel, non exhaustive, dont sont équipés certains kinés en libéral :

  • Huber : 30 000 euros ;
  • tapis de marche : jusqu’à 20 000 euros ;
  • appareils de cryothérapie : jusqu’à 20 000 euros, voire plus pour des cabines ou des dispositifs pour le corps entier :
  • ondes de choc : jusqu’à 15 000 euros ;
  • tables d’hydromassage : jusqu’à 40 000 euros ;
  • arthromoteur (kinétec) pour les membres inférieurs, les membres supérieurs ou la main : 5 000 à 10 000 euros ;
  • appareils de musculation ou à visée cardiovasculaire : 1 000 à 10 000 euros ;
  • motomed : 1 000 à 5 000 euros ;
  • dispositifs de réalité virtuelle : de 5 000 à 10 000 euros ;
  • des appareils proposant diverses solutions de physiothérapie (ultrason, électrothérapie, etc.) : environ 5 000 euros.

Pour établir cette liste, les sites de plusieurs vendeurs de matériel pour kinés ont été parcourues. Ils ont été identifiés avec les mots clés « matériel cabinet kiné ». Les prix indiqués sont les prix neufs, sans promotion particulière.

Les critères à prendre en compte avant d’acheter du matériel cher

On peut avoir différentes motivations pour acheter un des dispositifs listés précédemment :

  • se faire plaisir en utilisant du matériel qui nous plaît ;
  • développer des soins hors nomenclature ou avec dépassement d’honoraires ;
  • attirer des collaborateurs ou remplaçants avec du matériel moderne ;
  • se démarquer des autres cabinets dans un secteur où il y a plus d’offres que de demandes ;
  • répondre à une demande de la patientèle existante ;
  • disposer de matériel permettant de réaliser des prises en charge en autonomie, sans présence du kiné.

En fonction des objectifs que vous avez, certains dispositifs seront plus adaptés que d’autres. Par exemple, si vous êtes kiné du sport, vous avez peut-être beaucoup de sollicitations de personnes qui veulent réaliser des ondes de choc. C’est donc vers ce dispositif que vous aimerez vous tourner en priorité. Si vous êtes spécialisé dans la rééducation périnéale, vous aurez peut-être envie d’investir dans des sondes connectées pour mieux objectiver vos prises en charge, par simple « plaisir intellectuel ».

Investir dans du matériel sans savoir précisément quels objectifs on compte combler semble par contre déraisonnable.

Les astuces pour limiter le coût de revient final de l’acquisition

Il existe plusieurs astuces comptables et fiscales pour que le prix d’acquisition de votre appareil reviennent au final moins cher que le prix d’acquisition. Les montages dépendent de nombreux paramètres :

  • prix de l’appareil ;
  • votre statut d’entreprise ;
  • si vous achetez ou non avec un crédit ;
  • les autres dépenses et crédits que vous avez déjà.

Si vous n’y connaissez pas grand chose en amortissement et autres joyeusetés de la compta, vous pouvez avoir des réponses par des groupes d’entraide entre kinés sur les réseaux sociaux, via un cabinet d’expertise comptable, plus rarement via votre AGA ou votre autre prestataire pour la compta.

Vous pouvez aussi diminuer le prix d’acquisition en amont en achetant l’appareil d’occasion. On en trouve souvent sur LeBoncoin, Physiorama ou les groupes Facebook réservés aux kinés.

Comment facturer les séances lorsqu’on utilise ce matériel ?

Selon votre objectif, il peut être intéressant de réfléchir en amont à la façon dont vous allez facturer les séances nécessitant l’utilisation de matériel coûteux.

Trois options s’offrent à vous :

  1. facturer les séances comme habituellement, selon les tarifs fixés par la convention ;
  2. pratiquer des dépassements d’honoraires pour exigence. Cela est en théorie possible légalement seulement pour « exigence » du patient, de temps ou de lieu. Et pas de type d’outil utilisé… Néanmoins, il y a toujours un décalage entre la théorie et la pratique. Et vous avez probablement des exemples de cabinet qui pratiquent des dépassements pour des raisons « illégitimes » réglementairement. C’est à vous d’estimer si cette « prise de risque » est pertinente ou non dans votre cas ;
  3. pratiquer en hors nomenclature. Dans ce cas, il n’y aura aucune prise en charge possible par la sécurité sociale et les mutuelles des séances. Vos patients paieront l’intégralité des séances. Vous êtes en conséquence beaucoup plus libre dans les tarifs pratiqués, bien qu’ils doivent toujours être fixés « avec tact et mesure ». Vous devez aussi bien différencier cette activité déconventionnée de votre activité conventionnée. Les soins hors nomenclature peuvent en théorie être réalisés uniquement pour du bien-être et de la prévention. Cela exclue par exemple des séances d’onde de choc pour traiter une tendinopathie.

En réfléchissant à cela avant votre achat, vous pourrez aussi calculer au bout de combien de temps votre investissement sera « rentabilisé ».


Faites-vous partie des kinés qui investissent dans ce type de matériel ? Dans quelle dynamique êtes-vous par rapport à cela ?

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