Les kinésithérapeutes, les futurs yeux du dépistage du mélanome ?
9 avril 2025 - Actualités
L’avenant n°2 à l’accord conventionnel interprofessionnel (ACI) signé fin mai 2026 fait évoluer le cadre des maisons de santé pluriprofessionnelles. Pour les masseurs-kinésithérapeutes libéraux, le sujet peut sembler très technique au premier abord. Pourtant, il touche à des questions très concrètes : la place des kinés dans les équipes coordonnées, l’organisation des soins non programmés, la gouvernance des MSP et le lien avec le futur réseau France Santé. Sans bouleverser immédiatement l’exercice au cabinet, cet avenant mérite donc d’être compris. Voici ce qu’il faut savoir en tant que kiné !
L’avenant n°2 intervient dans un contexte de structuration des soins de premier recours. Il accompagne notamment la mise en place du réseau France Santé, qui doit s’articuler avec les structures d’exercice coordonné déjà existantes, dont les maisons de santé pluriprofessionnelles.
Les maisons de santé pluriprofessionnelles regroupent plusieurs professionnels de santé libéraux autour d’un projet de santé commun. Elles peuvent réunir des médecins généralistes, infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, orthophonistes, pharmaciens, sages-femmes, pédicures-podologues ou encore d’autres professionnels de premier recours.
L’ACI MSP est le cadre conventionnel qui permet à ces structures de recevoir une rémunération forfaitaire collective lorsqu’elles remplissent certains critères. L’Assurance Maladie précise que cette rémunération repose notamment sur des indicateurs liés à l’accès aux soins, au travail en équipe, aux protocoles pluriprofessionnels, au système d’information partagé, à la réponse aux crises sanitaires graves ou encore aux missions de santé publique.
Ce financement est versé à la structure, et non directement à chaque professionnel pour ses actes. C’est un point essentiel pour les kinésithérapeutes : l’ACI ne remplace pas la facturation habituelle des soins de kinésithérapie. Elle finance d’abord une organisation collective : réunions, coordination, protocoles, projets de prévention, outils partagés, temps administratif ou missions transversales.
En pratique, cette rémunération peut servir à soutenir le fonctionnement de la MSP : coordination, système d’information, actions de santé publique, réunions pluriprofessionnelles ou encore démarches qualité. Certaines ressources professionnelles rappellent également que les MSP doivent être structurées juridiquement, souvent via une SISA, afin de recevoir et gérer ces financements collectifs.
Pour les kinés libéraux, l’enjeu est donc double. D’un côté, l’ACI peut favoriser une meilleure coordination avec les autres professionnels. De l’autre, elle pose une question très concrète : comment le temps et l’expertise des kinés sont-ils reconnus dans l’organisation collective ?
💡 À lire aussi : pour mieux comprendre les grands textes qui encadrent l’exercice libéral, consultez notre guide pour décrypter la convention kiné, avec un focus sur les avenants 7 et 8. Un bon complément pour replacer l’avenant dans un environnement conventionnel plus large.

Guide pour décrypter la convention kiné : focus avenants 7 et 8
Avenants 7 et 8 : le guide gratuit pour comprendre ce qui change vraiment dans la convention en kinésithérapie.
L’avenant n°2 arrive dans un contexte de réforme plus large. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a introduit le réseau France Santé, présenté comme un levier pour améliorer l’accès aux soins de premier recours sur l’ensemble du territoire. Elle prévoit aussi l’ouverture de négociations conventionnelles pour adapter l’ACI des structures pluriprofessionnelles à ce nouveau cadre.
La Fédération des Médecins de France explique que les discussions autour de l’avenant ont repris au printemps 2026 après plusieurs années de relative stabilité, notamment parce qu’il fallait intégrer la promesse des Maisons France Santé et leur financement dans l’architecture conventionnelle existante.
Autrement dit, cet avenant n’est pas seulement un ajustement technique. Il prépare aussi l’articulation entre les MSP déjà engagées dans l’ACI et les futures structures France Santé. Pour les professionnels libéraux, l’enjeu est important : selon la manière dont les acteurs appliqueront ce cadre, les MSP pourraient prendre une place encore plus centrale dans l’organisation des soins de proximité.
Les premières communications professionnelles mettent en avant plusieurs évolutions. Il faut toutefois les formuler avec prudence, car leur portée exacte dépendra du texte consolidé et de ses modalités d’application.
Même si ces éléments concernent en partie les orthophonistes, ils éclairent une tendance plus large : plusieurs organisations paramédicales considèrent que le texte reconnaît davantage leur contribution au fonctionnement des MSP. Cela ne lève pas toutes les réserves, mais pose désormais plus explicitement la question de leur place dans l’exercice coordonné.
Tous les masseurs-kinésithérapeutes libéraux n’exercent pas en maison de santé. Pourtant, l’avenant ACI MSP concerne la profession, car les maisons de santé pluridisciplinaires prennent une place croissante dans l’organisation des soins de proximité.
Pour un kiné, l’exercice en MSP peut faciliter la coopération avec les médecins, infirmiers, orthophonistes, pharmaciens ou sages-femmes, notamment pour les patients âgés, chroniques, fragiles ou en perte d’autonomie. Il peut aussi permettre de structurer des parcours autour de sujets où la kinésithérapie a une expertise forte : prévention des chutes, rééducation respiratoire, troubles musculo-squelettiques, lombalgies, douleur chronique, activité physique adaptée, périnatalité, maintien de l’autonomie ou accompagnement post-opératoire.
Mais cette organisation collective soulève aussi des questions très concrètes. Un kinésithérapeute en MSP doit pouvoir savoir quelle place il occupe dans le projet de santé, comment l’équipe prend les décisions, comment la SISA utilise les financements ACI, si elle reconnaît son temps de coordination et si les protocoles pluriprofessionnels intègrent réellement son expertise.
Les kinés doivent donc suivre précisément ces points dans l’avenant ACI MSP. Il ne bouleverse pas immédiatement l’activité du cabinet, mais il peut influencer la manière dont les MSP intégreront les kinés dans leurs projets de santé dans les prochaines années.
Il ne faut pas présenter l’avenant n°2 comme une révolution. Il constitue plutôt une étape dans l’évolution du cadre conventionnel des MSP. La FFMKR elle-même souligne que des déséquilibres persistent, notamment sur la place des professions paramédicales dans certains indicateurs structurants et sur les garanties de transparence au sein des SISA.
Pour les kinés déjà installés en maison de santé, il faut donc vérifier plusieurs sujets.
Pour un kiné qui envisage de rejoindre une MSP, ces questions sont tout aussi importantes que le local, la patientèle ou l’ambiance d’équipe. Une MSP est une structure de soins, mais aussi une organisation juridique, économique et collective. Avant de vous engager, prenez le temps de comprendre le fonctionnement de la SISA, les règles de vote, les obligations liées à l’ACI, la place des paramédicaux dans les décisions et la manière dont l’équipe porte les projets.
La signature de l’avenant n°2 à l’ACI MSP marque une étape importante dans l’évolution des maisons de santé pluriprofessionnelles. Elle s’inscrit dans un mouvement plus large : structuration des soins de premier recours, développement de l’exercice coordonné et mise en place du réseau France Santé.
Pour les masseurs-kinésithérapeutes libéraux, l’enjeu principal n’est pas une modification immédiate de la facturation ou des séances. L’enjeu est plus structurel : quelle place les kinés auront-ils dans les MSP de demain ?
L’avenant semble ouvrir des perspectives sur les soins non programmés, la gouvernance, la reconnaissance des professions paramédicales et l’indépendance professionnelle. Mais son impact réel dépendra de sa mise en œuvre dans les structures, de la transparence des SISA et de la capacité des équipes à construire un exercice coordonné réellement pluriprofessionnel.
En résumé, cet avenant n’est ni une révolution, ni un simple détail administratif. C’est une évolution conventionnelle à suivre de près. Pour les kinés libéraux, le point central reste le même : participer pleinement à l’exercice coordonné, tout en conservant leur indépendance professionnelle et la reconnaissance de leur expertise propre.
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