Ventouses en kinésithérapie : bienfaits, efficacité, risques et réglementation
21 mai 2026 - Techniques et outils

Saviez-vous qu’environ 1 femme sur 10 souffre d’endométriose et qu’environ 10 à 13 % des femmes en âge de procréer vivent avec le Syndrome des Ovaires Polykystiques (SOPK) ? Ces pathologies gynécologiques, de plus en plus fréquentes, ont des conséquences bien au-delà de la sphère intime. Elles perturbent le système musculo-squelettique, la statique pelvienne et la régulation neurovégétative. La kinésithérapie offre des solutions concrètes pour soulager ces douleurs. Comment un suivi spécifique peut-il transformer le quotidien des femmes atteintes ? Réponse dans cet article !
L’endométriose est une maladie inflammatoire chronique, résultant de la migration ectopique de cellules endométriales en dehors de la cavité utérine. La réponse inflammatoire induite provoque fibroses, adhérences et dysfonctions musculo-squelettiques au niveau pelvien. De nombreuses femmes souffrant d’endométriose présentent également des troubles digestifs associés, liés à l’atteinte des structures viscérales telles que le rectum et le côlon sigmoïde.
Les formes profondes infiltrantes, touchant approximativement 20 % des patientes atteintes, sont particulièrement invalidantes, en raison de l’atteinte des ligaments utérosacrés et du plexus hypogastrique inférieur, qui entraînent des douleurs neuropathiques intenses et une contracture réflexe du plancher pelvien.
L’endométriose provoque des modifications du tonus musculaire et un déséquilibre du système lombo-pelvien. Les douleurs pelviennes chroniques font partie des manifestations fréquentes de la maladie. Elles sont associées à une hypertonie des releveurs de l’anus et une altération de la mobilité du sacrum et des articulations sacro-iliaques. Cette compensation posturale entraîne des limitations de la mobilité pelvienne. Mais aussi, un retentissement sur la posture globale et un risque accru de lombalgies persistantes.
La kinésithérapie vise en premier lieu à restaurer l’équilibre neuromusculaire du plancher pelvien et à lever les tensions myofasciales associées aux adhérences. L’utilisation du biofeedback périnéal permet d’améliorer la proprioception et de normaliser le tonus musculaire, ce qui peut contribuer à réduire la douleur rapportée au fil de la prise en charge. La thérapie manuelle viscérale, appliquée aux ligaments utérosacrés et aux insertions myofasciales abdomino-pelviennes, contribue à assouplir les structures fibreuses et à restaurer la mobilité des organes pelviens. Cependant, les recommandations disponibles soulignent que les données scientifiques restent encore limitées pour quantifier précisément l’effet propre de ces approches dans l’endométriose.
L’adoption d’une méthode posturale active, telle que la Rééducation Posturale Globale (RPG) ou la Méthode Mézières, permet de corriger les compensations liées aux tensions pelviennes et lombaires. Ces approches favorisent un réalignement pelvien optimal, réduisant la charge mécanique sur les articulations sacro-iliaques et peuvent contribuer à diminuer la douleur posturale chronique et à améliorer le confort fonctionnel au fil du suivi.
L’application du TENS périnéal et lombaire est une stratégie efficace pour réduire l’hyperalgésie et restaurer la fonction neuromusculaire. Certaines études cliniques ont montré une amélioration du stress perçu et de la qualité de vie grâce à l’utilisation d’un programme de neurostimulation adapté. Mais, les données restent encore insuffisantes pour avancer un pourcentage de réduction de la douleur généralisable. Par ailleurs, les techniques de cohérence cardiaque et de respiration diaphragmatique profonde sont intégrées pour limiter l’impact du stress sur la perception de la douleur et améliorer l’équilibre du système nerveux autonome.
L’Endotest® constitue une avancée diagnostique majeure pour l’endométriose. Cette maladie qui touche environ 10 % des femmes en âge de procréer dans le monde et près d’une femme sur dix en France. Développé par la société française Ziwig, ce test repose sur une technologie de séquençage de nouvelle génération (NGS) associée à des algorithmes d’intelligence artificielle. Il permet d’identifier, à partir d’un simple échantillon de salive, les biomarqueurs spécifiques de l’endométriose, avec une sensibilité et une spécificité élevées, sans recours aux examens invasifs comme la cœlioscopie.
Depuis le 11 février 2025, l’Endotest® est intégré dans le cadre du forfait innovation, permettant son déploiement pour une durée de trois ans, auprès de 25 000 patientes sur l’ensemble du territoire français. Il est actuellement indiqué en troisième intention. Après examen clinique et imagerie lorsque ceux-ci ne permettent pas d’objectiver clairement le diagnostic, mais que la symptomatologie clinique reste fortement évocatrice. Cette stratégie permet de répondre à une problématique de santé publique majeure. Réduire le délai moyen de diagnostic, aujourd’hui estimé à 7 ans. Et, améliorer ainsi la précocité de la prise en charge thérapeutique. Cette initiative s’inscrit pleinement dans la stratégie nationale de lutte contre l’endométriose, lancée en 2022. Elle vise à structurer des parcours de soins spécialisés et à soutenir les innovations diagnostiques fondées sur les données biologiques.
Le SOPK est un trouble hormonal courant qui touche environ 10 à 13 % des femmes en âge de procréer dans le monde, selon l’OMS (mise à jour du 22 janvier 2026). Il se manifeste généralement dès l’adolescence et évolue tout au long de la vie. Le SOPK provoque une hyperandrogénie, des troubles de l’ovulation, des règles irrégulières et une accumulation de tissu graisseux au niveau abdominal. Ces symptômes peuvent conduire à des complications métaboliques et musculosquelettiques, notamment un risque accru de diabète de type 2, d’hypertension et de troubles du contrôle postural en raison de la perturbation des voies métaboliques impliquées dans la régulation énergétique et la contraction musculaire.
L’inactivité physique et la sédentarité, fréquentes chez ces patientes, entraînent un déconditionnement musculaire, réduisant leur capacité à tolérer l’effort. Chez les patientes atteintes de SOPK, ce déconditionnement peut avoir un impact direct sur la posture, la stabilité lombo-pelvienne et les capacités fonctionnelles au quotidien.
💡 À noter. Jusqu’à 70 % des femmes atteintes de SOPK ne sont pas diagnostiquées. Ce retard complique l’accès aux soins et accentue les conséquences fonctionnelles, notamment en cas de douleurs chroniques, de fatigue persistante ou d’obésité abdominale.
L’activité physique ciblée constitue un pilier central du traitement non médicamenteux du SOPK. Cela permet d’améliorer la sensibilité à l’insuline et de réguler l’équilibre neuro-endocrinien. L’intégration d’un programme d’exercices combinés, associant renforcement musculaire fonctionnel et cardio-training à intensité modérée, est associée à une amélioration de la tolérance à l’effort, du profil métabolique et de certains marqueurs cliniques chez de nombreuses patientes.
Tout comme pour l’endométriose, la prise en charge kinésithérapique du SOPK vise à réduire l’hyperpression abdominale, à restaurer une stabilité lombo-pelvienne et à optimiser la mobilité articulaire. L’utilisation de techniques de renforcement du transverse et des obliques profonds, combinée à une mobilisation douce de la charnière lombo-sacrée, améliore la posture et réduit les tensions myofasciales chroniques.
Les troubles hormonaux associés au SOPK favorisent une hyperactivation du système nerveux sympathique, exacerbant l’inflammation et la résistance à l’insuline. L’intégration de techniques de cohérence cardiaque et de respiration diaphragmatique profonde permet d’optimiser la régulation hormonale et la modulation du stress oxydatif. Ces approches peuvent favoriser une meilleure récupération et participer à la diminution des symptômes anxieux ou dépressifs chez certaines patientes.es anxio-dépressifs chez ces patientes.
Oui, la kinésithérapie est un pilier thérapeutique pour traiter les pathologies féminines telles que l’endométriose et le SOPK. L’endométriose et le SOPK touchent des millions de femmes et nécessitent une prise en charge personnalisée. La kinésithérapie joue un rôle clé. Réduction des douleurs, amélioration de la posture et de la condition physique, meilleure gestion des troubles métaboliques : dans un contexte où le diagnostic reste tardif, 7 ans en moyenne pour l’endométriose et 70 % de cas de SOPK non diagnostiqués, la rééducation fonctionnelle s’impose comme un levier concret pour améliorer le quotidien des patientes.
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Nos sources :
12 juillet 2024 - Techniques et outils
4 août 2023 - Techniques et outils
Bonjour, on m’a conseillé d’essayer le CBD en huile pour les douleurs. Est-ce que quelqu’un a déjà essayé et avec quels retours ?
Bonjour,
Le CBD peut effectivement être évoqué dans la gestion de certaines douleurs, et certaines personnes rapportent des effets intéressants. Mais les résultats sont très variables d’une personne à l’autre, et surtout, cela dépend beaucoup de la cause de la douleur, des traitements déjà en cours et du terrain médical.
Le plus prudent reste d’en parler avec un médecin avant d’essayer.
Il pourra :
– vérifier qu’il n’y a pas de contre-indication (notamment avec d’autres médicaments),
– vous orienter sur la forme et le dosage adaptés si c’est pertinent,
– et surtout s’assurer que cela ne masque pas un problème nécessitant une prise en charge spécifique.
Bien à vous,
Cléo