Maladies inflammatoires en rhumatologie
17 janvier 2023 - Pathologies
En France, près de 7 000 maladies rares touchent plus de trois millions de personnes, soit environ 4,5 % de la population. Certaines affectent le système nerveux central et provoquent des troubles de la marche, de la coordination, du tonus ou du contrôle moteur. Face à une pathologie neurologique rare, le kinésithérapeute ne peut pas appliquer un protocole standard. Son rôle consiste à identifier le syndrome dominant, objectiver son retentissement fonctionnel et adapter les soins à la trajectoire du patient.
La filière française BRAIN-TEAM classe les maladies rares du système nerveux central en six groupes d’atteintes : motrices, cognitives, inflammatoires et auto-immunes, vasculaires, atteintes de la substance blanche et troubles rares du sommeil.
Parmi les maladies pouvant nécessiter une rééducation régulière :
Ces maladies restent individuellement rares, mais leurs conséquences fonctionnelles relèvent pleinement des compétences du masseur-kinésithérapeute : marche, équilibre, transferts, prévention des rétractions, reconditionnement à l’effort et adaptation des aides techniques.
Le diagnostic médical est indispensable, mais il ne suffit pas à déterminer le contenu des séances. Deux patients atteints de la même maladie peuvent présenter des profils moteurs, des compensations et des niveaux d’autonomie très différents.
Le BDK doit donc préciser le syndrome neurologique prédominant :
Le bilan relie ensuite ces déficiences aux limitations d’activité. Selon le tableau clinique, le kinésithérapeute peut mesurer :
L’objectif n’est pas d’accumuler les scores. Quelques mesures reproductibles, réalisées dans les mêmes conditions, permettent de suivre une trajectoire fonctionnelle.
Dans une maladie neuro-évolutive, le maintien d’une capacité pendant plusieurs mois constitue parfois un résultat thérapeutique à part entière.
L’ataxie de Friedreich associe généralement une ataxie cérébelleuse et proprioceptive. Elle peut aussi comporter une spasticité, des déformations orthopédiques et une atteinte cardiaque. Le dernier compte rendu cardiologique doit donc être connu avant un réentraînement soutenu.
Le bilan analyse notamment :
La difficulté peut être modulée par la largeur de la base d’appui, la vitesse d’exécution, le nombre de répétitions, les informations sensorielles disponibles et le niveau d’assistance.
L’objectif n’est pas d’obtenir un mouvement parfaitement normal, mais un mouvement plus sûr, reproductible et moins coûteux.
Les paraparésies spastiques héréditaires associent une raideur et une faiblesse progressive des membres inférieurs. Le PNDS de 2024 propose au kinésithérapeute d’évaluer notamment la marche, la force des muscles clés, les amplitudes, la spasticité et la fonction vésico-sphinctérienne.
La prise en charge ne doit pas se limiter aux étirements. Elle peut associer :
Avant de chercher à réduire une hypertonie, il faut analyser son rôle fonctionnel. Certains patients utilisent partiellement leur raideur pour stabiliser les membres inférieurs lors de la station debout ou des transferts.
Une canne, un rollator ou une orthèse introduits au bon moment peuvent limiter les chutes, diminuer le coût énergétique de la marche et préserver les déplacements extérieurs.
La maladie de Huntington associe des troubles moteurs : chorée, dystonie, rigidité ou bradykinésie, à des atteintes cognitives, comportementales et psychiatriques.
La séance gagne à s’appuyer sur :
Lorsque la marche se dégrade nettement en double tâche, il faut d’abord identifier et sécuriser la difficulté en tâche simple. Les priorités évoluent avec la maladie : maintien de la marche aux premiers stades, puis travail des transferts, de l’installation, des amplitudes et accompagnement des aidants.
La performance observée au cabinet ne correspond pas toujours à la capacité soutenable au quotidien. Un patient peut réussir un test, puis présenter plusieurs heures plus tard une fatigue importante, une majoration des mouvements anormaux ou une diminution de son autonomie.
Après une modification du programme, il faut vérifier :
Une récupération régulièrement supérieure à 24 heures invite à réduire la densité de la séance. Il est possible de fractionner le travail, diminuer les répétitions, augmenter les temps de repos ou réduire la résistance.
Il est préférable de modifier un seul paramètre à la fois pour identifier la charge réellement tolérée.
Le kinésithérapeute libéral peut repérer une rupture fonctionnelle entre deux consultations spécialisées.
Une transmission est indiquée devant :
L’information doit être objectivée :
« En quatre semaines, le patient est passé d’une à cinq chutes hebdomadaires. Son Timed Up and Go est passé de 14 à 21 secondes, avec apparition d’un appui lors du demi-tour. » Cette formulation est plus exploitable qu’un constat général de fatigue ou de dégradation.
Face à une pathologie neurologique rare, la valeur ajoutée du kinésithérapeute repose donc moins sur l’application d’un protocole que sur sa capacité à évaluer, mesurer, adapter et coordonner les soins.

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Dans le suivi d’une pathologie neurologique rare, la valeur du BDK ne réside pas seulemeMilo : mieux suivre l’évolution fonctionnelle
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Dans le suivi d’une pathologie neurologique rare, cette traçabilité aide à repérer plus rapidement une dégradation et à adapter la prise en charge.

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